Un Conseil des ministres sous Sarkozy... (Fiction !)
C. Lagarde : Si la crise s’intensifie, je ne vois pas d’autres solutions que de rétablir le franc.
X. Bertrand et F. Fillon (en chœur) : Quoi ?
C. Lagarde : Réfléchissez deux minutes… Non seulement le plan actuel nous coûtera beaucoup moins cher, mais nous pourrons en augmenter le montant jusqu’à 6,55 fois avant que d’arriver seulement au montant déjà engagé !
R. Dati : Trop bonne l’idée ! Je me demande si je ne pourrais pas faire mes achats en francs, également…
F. Amara : Pour ma part, si c’est pas trop demander, je préférerais qu’on continue avec les euros en ce qui concerne mon plan banlieue ; parce que là, déjà…
N. Sarkozy : Ouais ; ça fait pas mal d’avis contraires, tout ça. Sans compter que Guaino a encore une autre idée ! Il m’a suggéré qu’on revienne au deutschemark.
C. Lagarde : Pfft !
F. Fillon : La France n’a jamais été aussi loin dans son engagement avec l’Allemagne, même sous Vichy !
X. Bertrand : Je rejoins François, l’Allemagne n’a rien à voir avec la France ! Ne serait-ce qu’en terme de nombre de grèves…
(Sarkozy se tourne vers Dati qui tient entre ses bras la reproduction d’un bébé en plastique, tout habillé…).
N. Sarkozy : C’est quoi, ça ?
R. Dati : Rien, Monsieur le Président, c’est juste pour les journalistes. Une question d’image personnelle.
N. Sarkozy : Ah ! Je vois… En même temps, les journalistes… Si on me laisse nommer qui je veux à France Télévision, et si on compte le nombre de patrons de journaux qui me sont déjà favorables, il y en a un certain nombre qui vont devoir en rabattre s’ils veulent trouver du boulot !
(Rires autour de la table.)
C. Boutin (s’adressant à Bachelot) : Madame, j’apprécie que vous vous rangiez enfin de mon côté en ce qui concerne les demandes aberrantes des homosexuels. Comme quoi, j’avais tout de même raison pour le PACS !
R. Bachelot : Pfft ! Rien à voir… J’admets que c’est une population à risque, et notamment parce qu’un certain nombre se trouvent être de gauche alors que l’on nous avait décrit un ensemble d’hommes et de femmes aux revenus nettement supérieurs, soucieux que de leurs portefeuilles, bref, des gens amenés à être de droite plutôt naturellement ; je suis un peu troublée, je l’avoue, de constater que les choses ne sont pas ainsi. Mais de là à comparer l’adoption du PACS et le refus de collecter leur sang… Aucun rapport !
N. Sarkozy : Il faut faire gaffe avec le sang. Quoiqu’on en dise, ça fatigue un peu d’en donner et c’est pas le moment que les français en profitent pour travailler moins !
X. Bertrand : Déjà qu’ils travaillent pas assez…
R. Dati : Pour ma part, j’ai taché de donner l’exemple ! On ne pourra pas dire le contraire…
N. Morano : Ouais, mais c’est peut-être pas aussi fatiguant d’accoucher avec une césarienne, non plus.
R. Dati : C’était un hommage que je rendais au Président de la république !
(Boutin se penche vers Hortefeux et lui parle à voix basse : «Qu’est-ce qu’elle raconte ?», «Dans césarienne il y a césar…», «Ah… La garce !»)
N. Sarkozy : C’est quoi le reste de l’ordre du jour, François ?
F. Fillon : Le conflit au Proche-Orient, Monsieur le Président.
N. Sarkozy : Ah oui. J’ai déjà réglé pas mal de trucs là-bas mais bon, je préfère laisser la parole à Bernard.
B. Kouchner : Merci Monsieur le Président. Force est de constater que votre visite en Egypte et ailleurs dans la région a profondément bouleversé le cours des choses.
N. Sarkozy : Voilà, c’est dit. Et c’est pas moi qui le dit ! Bon, on passe à autre chose… Albanel ?
C. Albanel : En ce qui concerne le projet de loi visant à la suppression de la publicité sur France Télévision, je pense être parvenue à convaincre une grande partie des sénateurs, Monsieur le Président.
X. Bertrand : Vous rigolez ?!?
(Quelques rires fusent autour de la table.)
N. Sarkozy : C’est pas vraiment ce que j’ai entendu dire.
C. Albanel : Mais tout n’est pas terminé, Monsieur le Président, et je compte bien parvenir à arracher avec mon… mes… Enfin, avec mon sourire le résultat escompté.
C. Lagarde : En matière d’escompte, je suis peut-être mieux placée que vous !
B. Hortefeux : Surtout si on parle en francs…
(Bertrand et Fillon pouffent.)
N. Sarkozy : Ouais. Ben, si on me refuse la possibilité de nommer le Président de France Télévision, je ne sais pas ce que je vais faire, mais… Déjà qu’on a à peine vu cinq ou six fois Carla à la télévision alors qu’elle est la première dame de France et que son album est admirable !
R. Dati : Je l’écoute en boucle, Monsieur le Président.
(Morano se tourne vers Bachelot, à voix basse : «Elle peut pas parler sans faire référence aux bijoux, celle-là…» ; Bachelot pouffe.)
X. Bertrand : De toute façon, même si le CSA garde la main, la plupart de ses membres ont été nommés par des gouvernements de droite.
F. Fillon : C’est vrai qu’il n’y a pas trop à craindre de ce côté-là.
N. Sarkozy : M’en fous ! C’est moi le chef et c’est moi qui doit décider !
(F. Fillon lève les yeux au ciel et soupire.)
E. Besson : Si je peux intervenir, Monsieur le Président, en ce qui concerne mon nouveau ministère, puisque je prends la place de Brice… Je me demandais si on pourrait pas prendre en compte, juste légèrement, ma position un peu particulière concernant mes anciennes convictions de gauche et faire en sorte que lors des expulsions, un petit geste soit fait.
(Bertrand se tourne vers Laporte, à voix basse : «Je savais que transfuge était synonyme de traître, mais c'est quand même un peu facile…». Laporte : «C’est quoi, synonyme ?». Bertrand soupire.)
N. Sarkozy : De quoi parlez-vous, Besson ?
E. Besson : Par exemple, j’ai pensé qu’on pourrait offrir un petit quelque chose à chaque expulsé, au moment de son départ ; j’ai pensé à une rose, mais ça pourrait être autre chose…
(Bachelot et Hortefeux pouffent.)
C. Boutin : J’ai toujours dis que la charité chrétienne, il n’y avait rien de mieux !
N. Sarkozy : Ouais… Je comprends vos scrupules, même si au point où vous en êtes, mais passons ; vous verrez avec Brice. Bon, le Conseil est terminé, j’ai plein de trucs à faire à travers le monde. A la prochaine !
C. Lagarde : Et pour mon nouveau plan, Monsieur le Président, on fait quoi ?
N. Sarkozy : Ah… Eh bien, faîtes des simulations avec le franc suisse, parce que le franc français…
X. Bertrand : Excellente analyse, Monsieur le Président.
N. Sarkozy : De toute façon, puisqu’on a pas voulu me garder comme Président de l’Europe, moi l’euro, c’est plus mon problème !
X. Bertrand : Ah, ça, on va rigoler avec le Président Tchèque !
B. Kouchner : Rassurez-vous, il est de droite.
P. Devedjian : En ce qui concerne le premier plan de relance, Monsieur le Président, j’ai juste quelques petites suggestions à vous soumettre…
N. Sarkozy : Ouais, ben vous attendrez les miennes. Bon, allez, on y va… Bonne semaine à tous.