Image : D. Wojnarowicz


LE BLOG DE SELFMADE

21/07/2008

21/07/08 - 10:21

Tâcher de m'amuser en attendant le verdict...


J'ai imaginé que Léon Zitrone suivait pour la télévision le Congrès qui se tient aujourd'hui à Versailles ...



«Eh bien voilà que les bus contenant les parlementaires arrivent... Ils se garent maintenant devant le château et je pense que le signal du départ va être donné sous peu. C’est bien à un moment historique que nous assistons là puisqu’il s’agit de réformer la Constitution, notre Constitution !

Mais voilà que les parlementaires sont tous descendus des bus à présent et qu'ils se placent sur la ligne de départ ; 576 députés et 330 sénateurs, je vous le rappelle chers téléspectateurs… Ah mes amis, quelle image extraordinaire, un grand moment que nous vivons-là ! Au fond, sur la gauche, j’aperçois Jack Lang, chemise blanche, pantalon noir, qui vient de s’élancer, mais non ! Mon dieu ! Il a fait un faux départ. Quelle émotion... Le Président de l’Assemblée Nationale le tance sévèrement du regard tandis que les parlementaires de la majorité présidentielle rient à gorge déployée et entonnent à tue-tête, «Ah, c’qu’on est bien quant on est dans son bain», refrain bien connu de tous les français et qui s’adresse sans doute aux parlementaires de l’opposition, mais sans que j’en comprenne exactement le sens.

Tout en haut de l’image, sur la droite, vous pouvez apercevoir Alain Juppé, chemise rose, pantalon blanc, crâne chauve et tout de suite à sa gauche, nous apercevons Jean-François Copé, chemise verte, pantalon noir et cravate violette. Il est au téléphone, sans doute avec le Président de la république lui-même, lequel est naturellement absent puisqu’il n’est pas parlementaire…
Mais j’aperçois une femme en robe du soir, lamée or, chaussure rouge, brushing impeccable qui s’avance et prend place au milieu des parlementaires ; je ne vois pas bien son visage encore, une élue de la majorité ? De l’opposition ? Mon dieu, non ! Il s’agit de Rachida Dati elle-même ! Mais que fait-elle là ? Chacun semble se le demander, tandis que les parlementaires de l’opposition commencent à l’invectiver… J’entends «Retourne dans ta mairie, t’as rien à faire ici !», et encore «Il te reste pas des tribunaux à fermer ? tu fais grève ?», bref, une tension palpable tandis que Copé lui-même s’approche de Mme Dati et qu’une discussion assez vive s’engage entre eux…
J’aperçois à présent le Président de l’Assemblée Nationale qui s’approche à son tour ; il est blême. Il faut dire que faire un reproche à la Garde des Sceaux n’est certainement pas sans risque mais c’est incroyable, Mesdames et Messieurs, le voilà qui la prend par le bras et la ramène à sa voiture ! Rachida Dati paraît très en colère, tendant un bulletin de vote qu’elle s’apprêtait semble-t-il à déposer dans l’urne… Rappelons au passage, chers téléspectateurs, que les ministres n’ont pas le droit de vote dans cette assemblée qui n’est constituée, rappelons-le, que de députés et de sénateurs.

Et voici qu’une autre voiture arrive en trombe, tandis que le signal du départ n’a toujours pas été donné. Elle s’arrête devant les parlementaires de l’opposition que vous pouvez apercevoir, je vous le rappelle, en haut à gauche de votre écran, et une femme fort élégante ma foi , buste droit, jambes galbées, descend de la voiture ; elle a l’air pressée, peut-être une parlementaire en retard… Mais non, c’est incroyable, nous allons de surprises en surprises puisqu’il s’agit de Ségolène Royal elle-même ! Elle se dirige directement d’un pas ferme et rapide vers Jack Lang… Elle est à présent à un mètre de lui, elle lui fait face et, oh mon dieu ! Quelle gifle ! Mesdames et Messieurs, c’est extraordinaire, Ségolène Royal vient de gifler Jack Lang devant la France entière et la voilà qui lui dit à présent… Il me semble comprendre ses propos, mais oui, c’est ça, «J’espère qu’à présent tu auras les idées plus claires !», propos foudroyant dont j’ignore la raison mais qui font peut-être partie d’une stratégie de l’opposition parlementaire, nous le saurons peut-être un jour..
Ségolène Royal fait à présent demi-tour et regagne sa voiture tandis que son ex-mari, François Hollande, la suit de très près ; peut-être redoute-t-il un retour de son ex-compagne, je l’ignore, et nous apercevons à présent Jack Lang qui semble, mais oui c’est ça, invectiver Mme Royal tandis que la voiture de cette dernière repart. Ah mes amis, quelle journée incroyable ! Et ce n’est pas fini !

Les parlementaires sont toujours alignés le long des bus qu’un nouveau véhicule arrive à une vitesse foudroyante ; il s’agit d’une moto avec deux passagers dessus… Elle s’arrête à la hauteur des parlementaires, juste devant eux, mais de qui s’agit-il cette fois-ci ? Le passager en descend, beau galbe presque féminin, je ne pense pas qu’il puisse s’agir de Mme Alliot-Marie… Le passager, pantalon et blouson de cuir noir, retire à présent son casque et, oh mon dieu ! Il s’agit de Carla Bruni elle-même ! Première dame de France, rappelons-le, mais que vient-elle faire là… Chacun paraît se le demander tandis qu’il règne une grande agitation à présent au sein des parlementaires dont l’alignement est de moins en moins rectiligne… J’aperçois Jean-François Copé qui se dirige vers Mme Sarkozy mais s’arrête brusquement parce que cette dernière vient de lui faire un signe de la main qui signifie «stop» en français, et dans d’autres langues aussi car, je vous le rappelle chers téléspectateurs, je suis également polyglotte.
Les parlementaires retiennent leur souffle ; la tension est palpable même depuis ma place située à quelques encablures de là, si j’ose dire, et chacun paraît se demander ce que la première dame de France entend faire à présent ; peut-être lire un discours de M. Guaino ou encore sortir une arme, qui sait ? Ne serait-ce que pour encourager les parlementaires à voter dans le bon sens… Mais non ! C’est incroyable, Mesdames et Messieurs, Carla Bruni entonne la marseillaise, le casque à la main et l’autre main dans les cheveux, qu’elle a fort long ma foi, mais c’est à peine si elle est audible sans micro… Les parlementaires de l’opposition rient à gorge déployée, il semble que ce soit leur tour à présent, tandis que d’autres parlementaires lui demandent de s’arrêter, mais oui, c’est cela même puisque j’aperçois à présent Edouard Balladur, veste verte, chemise rouge et chaussures noires, s’approcher de Mme Sarkozy et je l’entend distinctement à présent tandis qu’il lui dit «Je vous demande de vous arrêter !». Le ton de l’ex-Premier ministre est solennel et grave et il semble avoir atteint son but puisque la première dame de France s’arrête immédiatement de chanter, ou chantonner dirais-je plutôt, tandis qu’elle se laisse raccompagner jusqu’à sa moto par le Président de l’Assemblée Nationale...

Ah mes amis, quelle journée extraordinaire ! Je me répète mais ce qui se passe est réellement et tout bonnement incroyable. Je vais à présent me désaltérer et reprendre mon souffle et nous nous retrouvons dans quelques instants pour suivre le déroulement de ce congrès qui s’annonce, en effet, palpitant !"

commentaires

21/07/08 - 13:34

Léon a trop bu,Ségolène Royal ne peut être là,elle n'est ni député,ni sénateur.
mais bravo pour le texte,quelle imagination mon cher Léon

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