Le passé simple
I. : Nous nous aimâmes…
G. : Puis nous ne fûmes plus.
I. : Vous vous égarez, mon cher Gontran, je n’ai jamais fumé ! Vous en doutâtes ?
G. : Nous ne fûmes plus et vous vous trompâtes…
I. : Je ne vous suis plus.
G. : Vous suivîtes ce qu’il vous plut de suivre, mais jamais clairement.
I. : La clarté, le jour, c’est ce qui me manque le plus.
G. : Nous fûmes deux, je le maintiens.
I. : Je comprends mieux. Tantôt, lorsque vous parlâtes de la cigarette…
G. : Ce que je ne fis point !
I. : Justement, je confondis et je vous taxai d’avoir confondu avec une autre.
G. : Il n’y eut jamais d’autre que vous. Du moins, du genre féminin.
I. : J’oubliai… Vous évoquâtes un jour un jeune homme, en effet ; je pensai qu’il s’agissait de votre fils !
G. : Il n’en était rien.
I. : Je fus bien ignorante.
G. : Ou complaisante…
I. : Nous parlâmes si souvent ce langage désuet que nous en oubliâmes de le traduire en français !
G. : Tout à fait. Vous jouâtes plus souvent qu’à mon tour à ce petit jeu-là, mais je ne fus pas le dernier non plus !
I. : Et à présent, que devrions-nous faire ?
G. : Arrêter le passé simple ! D'autant que c'est certainement le plus compliqué à faire passer en français...
I. : Je l'admets ; mais j'ignorais qu'il vous gonflât à ce point.
G. : Si, puisque nous passâmes nos soirées à tâcher de ne pas nous tromper.
I. : Vous dites vrai ! Moi-même, je n'en pus plus dès la première seconde...
G. : Et pourtant, notre union dura des années...
I. : Et des années...
G. : Heureusement que nous baisâmes, parfois.
I. : Oui, parfois.
G. : Des regrets ?
I. : Oui, mais ils appartiennent au passé.
13/07/08 - 14:30
pourquoi je n'ai jamais eus de leçons de grammaires comme celle là?
tricatchou