Alex Taylor, un animateur pas du tout comme les autres...
Pour ceux qui l’ignorent ou ne s’en souviennent pas trop, Alex Taylor est un journaliste anglais qui animait «Continentale» sur FR3 au début des années 90 «compilation de journaux télévisés européens diffusés en version originale sous-titrée», nous rappelle Wikipedia.
A cette époque, il a été le premier animateur à parler publiquement de son homosexualité…
Ce que j’ignorais c’est qu’il «avait été l'un des membres fondateurs de la première version de la radio libre Fréquence Gaie entre 1981 et 1986.»
Il a présenté aussi une émission «Confetti» sur Arte, mais je ne m’en souviens pas vraiment, et ce que j’ignorais également : il a été directeur des programmes de Radio France internationale (RFI).
Par contre, je me souviens bien de sa chronique matinale sur Fce Inter où il faisait une revue de presse européenne, que j’écoutais souvent à l’époque.
«Il a animé de 2000 à 2006 Vivre en Europe sur la Chaîne parlementaire» et «Depuis octobre 2005, hors de la thématique européenne, il présente "Élevons le débat" sur Pink TV». (wikipedia).

Sa photo ? Vous la découvrez en couverture du livre
(voir ci-dessus) qui lui a valu une interview dans «Voici» (et ailleurs) ; interview dont Le Post a publié l’intégralité en mars dernier
fml. Je ne résiste pas à l’envie de vous en faire découvrir quelques extraits…
«J'avais une colère en moi, enfant, d'avoir à taire ma vraie sexualité pendant dix-huit ans. Je suis parti dans le milieu cuir pour pouvoir sortir tout ce que je devais cacher, adolescent, sur mes inclinaisons sexuelles. Où aller ? Je me suis donc exilé en France au début des années 80, au moment de l'arrivée de Mitterrand à l'Elysée. Les gens de ma génération n'oublieront jamais ce qu'il a pu faire pour les homosexuels, comparé à Thatcher. Je suis l'un des rares témoins encore vivant de cette époque, ils sont tous morts.»
«Là, j'habite à Berlin car les Allemands sont plus ouverts que les Français. Dans les années 80 Paris était un phare de liberté mais la France a beaucoup stagné. Prenez l'adoption. En GB, elle est ouverte à tous les couples capables de donner un foyer chaleureux à un enfant.»
Un sacré moment de l'interview, où la tendresse d'un père "étranglé" par son éducation peut-être puritaine, en tout cas "toute en réserve", se révèle sous un dehors exemplaire :
«La culture anglaise est portée sur la Masculinité, tout qui déroge à cette règle en est banni : c'est le stiff upper lip, la « lèvre supérieure raide ». On nous forme à ne pas montrer nos émotions. Dans le cas de mon père, cette attitude peut être émouvante, nous n'avons jamais parlé de mon homosexualité et en arrivant chez lui, j'aperçois sur le rebord de la cheminée une photo de mon ami et de moi. Je ne peux lui dire à quel point je suis très fier de lui. Je ne pourrai jamais lui dire. La culture française, a contrario met la pression sur la femme, à la Catherine Deneuve. La femme française se doit d'être belle, d'être chic.»
(Et que penser de cette, comment dire... intuition ? analyse ? La culture française mettrait la pression sur les femmes davantage que sur les hommes et les anglais feraient exactement l'inverse... Ah, voilà qui ouvre des perspectives de thèses !).
Et quant on lui demande si à 50 ans il plaît encore, sa réponse peut donner quelques bons moments d’espoir aux quinquagénaires, mais à condition d’accepter "d’entretenir" son corps, semble-t-il…
«Mais moi j'ai de la chance, depuis sept ans, je m'éclate en rattrapant le temps perdu... et ça marche. Rien n'est laissé au hasard pour appâter le chaland : j'ai des pectoraux d'enfer, travaillés avec mon coach sportif, trois fois par semaine. J'ai plus de succès que je n'en ai eu quand j'étais jeune, j'attire plein de mecs de vingt cinq ans. J'ai une floppée de beaux Allemands qui me courent après.»
Un mauvais point pour Arte, d’autant plus étonnant qu’ils ont souvent laissé un peu de place à l’homosexualité à travers des films ou des documentaires. Alors qu’il en était salarié dans les années 90, il raconte cette "anecdote" sordide et édifiante :
«A l'époque de mon émission Confetti, j'avais enregistré à l'avance un mois entier d'émissions car je sentais que la fin de mon ami était proche. Je m'en vais une semaine, ça ne se voit même pas à l'antenne. Mon ami décède dans mes bras et je reçois une lettre pour «absence injustifiable». Si j'étais parti à l'enterrement de ma femme, je n'aurais jamais reçu ce mot. Un homosexuel n'est pas traité comme un autre, même dans le deuil.»
Alex Taylor a toujours été un petit peu "langue de fiel", à mon sens, mais plutôt gentilment. Cela étant dit, là il fait fort ! Lisez donc, c’est au sujet du succès de son émission «Continentale» sur FR3 (il fait référence à la 1ère guerre du golf) :
«Oui, j'ai eu un gros coup de bol : la guerre du golfe a éclaté deux jours après la première. Je dois ma carrière à Saddam Hussein ! (Rires). Nous sommes passés de 200 000 téléspectateurs à plus de quatre millions. Les directeurs des programmes sont tellement cons qu'ils pensaient que c'était grâce à moi, ce pic d'audience : « Il faut garder ce Alex Taylor à tout prix ! ».»
A propos de Christine Ockrent, qui a été nommée à la tête de France 24 :
«Je l'admire énormément mais la France est le seul pays au monde (à part quelques états Africains) où l'épouse du ministre des Affaires Etrangères peut diriger une chaîne internationale, même en étant la meilleure journaliste de la télé publique. Concernant les ménages, je ne fais que ça. Quand j'étais président de RFI, c'était à temps plein, je ne faisais rien à côté. Moralement, ça me gênerait.»
Au sujet de l’intérêt peu marqué pour l’Europe, en France et ailleurs, (et qui rejoint ce que je disais dernièrement dans un post provocateur sur la Chine…) :
«La Chine et l'Inde montent à des vitesses invraisemblables : notre continent est foutu si nous ne faisons pas l'Europe ensemble, tout de suite. Le Chinois est la langue la plus parlée sur le Web et dans le monde, il y a urgence. Ils achètent partout les grandes entreprises, les immeubles.»
Bon, tous ces extraits ne représentent qu'environ la moitié de l'interview que vous pouvez retrouver intégralement via le lien placé plus haut, tandis qu'il parle également de ses expériences sexuelles plutôt "cuir".
Ce qui me paraît particulièrement intéressant chez ce genre de personnage, outre son intelligence indéniable et son humour, pour qui ont suivi certaines de ses émissions, c'est la liberté de mouvement, de s'expatrier et finalement
(presque) de "jouir sans entrave"...
Autre chose m'interpelle : s'il était le seul animateur a dire ouvertement qu'il est gay, Dave était le seul chanteur à le faire également. Or, dans les deux cas, ce sont des célébrités qui réussissent à l'extérieur de leur pays natal... Est-ce que ça aide ? Je me pose quand même un peu la question.
(Si je ne m'abuse, Sevran l'a dit plus tard, au travers d'un livre et Ruquier est arrivé après mais il ne l'a pas tu très longtemps, il faut bien le reconnaître.)
01/05/08 - 10:43
Petite rectif, Dave n'a rien dit pendant la majeure partie de sa carrière. Il jouait sur le "côté célibataire" du fait qu'il plaisait beaucoup aux filles qui achetaient ses disques. Et son ami en a un moment beaucoup souffert, ils n'apparaissaient jamais ensembles... A voir aussi ses pochettes de disques....
Bises
douxepicurien