La séparation
B : Alors c'est décidé, tu pars ? Dommage… ça aurait pu se faire autrement.
G : En recommandé avec accusé de réception ?
B : Dégage.
G : Je te laisse le chien. Adieu mon cador…
B : Ca va pas ?!? Où t’as vu que j’allais garder le chien ? Il est à toi !
G : Il n’a jamais été à moi ! On l’a acheté ensemble, c’est tout.
B : Justement, on l’a acheté ensemble alors maintenant tu t’en débrouilles.
G : Mais c’est toi qui lui donne à manger !
B : Facile ! Tu n’as jamais rien fais ici… N’empêche que c’est sur tes genoux qu’il dort quand tu regardes tes inepties à la télé.
G : Il dormirait autant sur toi si tu n’avais pas si peur des poils.
B : J’aime pas les poils de chien, c’est tout. Raison de plus pour que tu le prennes.
G : J’aurais pas la place là où je vais.
B : Je sais, t’as même pas la place pour moi.
G : Je croyais qu’on se quittait d’un commun accord ?
B : Je dirais plutôt qu’on est d’accord pour se quitter, mais pas pour les mêmes raisons.
G : Enfin, on va pas revenir là-dessus… Alors, le chien, on en fait quoi ?
B : Tu le prends !
G : Je ne peux pas !
B : T’as qu’à le prendre et aller l’abandonner quelque part…
G : C’est monstrueux !
B : Une vie de chien.
G : T’es pas bien… Franchement, je ne te reconnais plus. De toute façon, ce chien est chez toi puisqu’ici c’est chez toi, donc c’est son domicile et je ne vois pas pourquoi j’aurais à l’emmener. C’est clair. Tu en fais ce que tu veux mais il doit rester ici.
B : Il doit ? On achète un chien à deux et parce qu’on se sépare, tu décrètes que j’en aurais forcément la charge ? Tu as vu jouer ça où ?
G : Ce chien t’aime.
B : La meilleure de l’année ! Il se confie souvent à toi, comme ça ?
G : Je ne peux pas l’emmener.
B : Alors, c’est simple, tu ne pars pas.
G : Et si je reviens pour le promener ?
B : C’est ça, tu vas repasser tous les jours et sans déranger, tu prendras la laisse dans le vestibule et hop-là ! Un petit tour du quartier avec cador et toujours sans déranger, tu le ramèneras ici. Tu comptes passer combien de fois par jour comme ça ?
G : Tu fais chier. On était d’accord pour se séparer et là tu fais des histoires…
B : Des histoires pour un animal, oui ! Je ne vais pas me gêner !
G : Je veux bien prendre l’aquarium…
B : Il ne reste qu’un poisson dedans ! Et d’ailleurs, c’est moi qui l’ai acheté.
G : Pas le poisson !
B : Non, mais l’aquarium, si.
G : Tes parents ont une grande maison…
B : Tout à fait ! On peut leur repasser le chien et d’ailleurs , si tu as des amis ou des parents qui veulent se débarrasser d’autres animaux, de vieux meubles, de vieilles carcasses de voiture, n’hésites pas, ils ont un grand jardin également… ça ne fera pas tache. Au passage, j’apprécie beaucoup l’intérêt que tu portes soudainement à ma famille.
G : J’ai toujours été correcte.
B : Absolument. Et c’est pourquoi tu vas me faire le plaisir de prendre ton chien et de l’emmener avec toutes tes affaires, puisque tu as décidé de partir…
G : Ce n’est pas mon chien !
B : C’est celui de personne, alors ?
G : C’est le tien !
B : Ce n’est pas le mien !
G : C’est le notre.
B : On progresse…
G : Alors ? Qu’est-ce qu’on fait ?
B : Tu connais la SPA ?
G : Je pourrais pas. C’est pas mon genre.
B : Parce qu’il faut un «genre» pour se rendre à la SPA ? Et ton genre à toi ce ne serait pas de te débarrasser de tes problèmes sur les autres ?
G : Pourquoi «mon problème» ? Si ce chien est le notre, c’est notre problème. Et je ne suis pas d’accord pour un abandon.
B : Alors, reste.
G : Quoi ?
B : Si tu ne veux pas abandonner le chien et que tu ne veux pas l’emmener, alors tu restes. Je ne vois pas d’autre solution.
G : Et on fera quoi ? Chambre à part ?
B : Tu pourras toujours dormir avec le chien, dans le salon.
G : Tu dis n’importe quoi ! Je suis triste, moi.
B : Parce qu’on se sépare ? Eh oui, c’est triste. Mais il faut tout assumer dans un départ, y compris le passé. Et ce chien ce n’est pas un souvenir mais une réalité. Je me souviens très bien que c’est toi qui a eu l’idée de l’acheter.
G : Pas du tout ! On était deux.
B : On était ensemble ce jour-là, mais c’est toi qui a eu l’idée. D’ailleurs, je déteste les poils, tu l’as dis toi-même.
G : Oui, enfin pas tous…
B : Je parle des poils de chien.
G : Et si je reculais mon départ, le temps qu’on se mette d’accord ?
B : Tu fais ce que tu veux, moi je suis fatigué. Je vais me coucher.
G : On y va ensemble ?
B : Où ça ?
G : Se coucher…
B : Je te signale que le chien n’est pas sorti aujourd’hui.
G : J’irais après.
B : Non, maintenant.
G : Alors, on y va ensemble…
B : Et après, on fait quoi ?
G : Après, on se couche et on décide.
B : On décide si on garde le chien ou pas, c’est ça ?
G : Exactement !
B : De toute façon, il n’est pas question qu’on s’en débarrasse…
G : Non. Donc, on restera ensemble.
B : Pour le meilleur et pour le pire.
G : Tu vois que c’était une bonne idée de l’acheter, ce chien…
( Je sais, je ne dois pas aller très bien pour écrire ce genre de conneries... :) )
26/04/08 - 10:49
Amusant et dramatique à lire "ce genre de connerie"....
Mais j'aime bien la fin "On restera ensemble pour le meilleur et le pire "
cyclope