Image : D. Wojnarowicz


LE BLOG DE SELFMADE

21/04/2008

21/04/08 - 07:03

62% d'égoïstes, d'imbéciles, de cyniques... ou sondage peu fiable ?!?


Sondage Opinionway réalisé les 17 et 18 avril dernier :

Question : Etes-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou tout à fait opposé à l'obligation pour un chômeur d'accepter un emploi, même moins bien rémunéré, après deux offres de L'ANPE en conformité avec sa formation, ses qualifications, son salaire, sa vie familiale, sous peine de perdre son allocation chômage ?

36% des français y seraient plutôt favorables et 26% très favorables, soit un total de 62% de « favorables »… Au secours !!!
Le moins surprenant : une majorité de gauche (socialiste et non socialiste) est contre et une majorité de droite (dont 89% de ceux qui ont voté Sarko au 1er tour) sont pour.

Le plus surprenant : seulement 51% de ceux qui ont voté Le Pen au 1er tour sont pour (ça m’étonne un peu de cet électorat), mais 67% de ceux qui ont voté Bayrou au 1er tour sont pour !!!

(Ces centristes, j’te jure… Voilà qui donnerait plutôt raison à Hollande face à Royal. Je pense que nombre des valeurs de gauche ne sont pas vraiment partagées par une majorité de centristes et il faudrait plutôt privilégier le ralliement d’un tiers d’entre eux à un programme de gauche qui se tienne plutôt que de tacher d’aller vers les deux autres tiers qui soutiennent ce type de mesure !).

Ainsi, il me semblait que l’on cotisait à une «assurance chômage» !!! On a dit ASSURANCE ! Et on cotise… Alors, allez vous faire voir ailleurs, bande de 62% d’imbéciles !
Cette assurance prévoit DEJA de ne pas indemniser ceux qui démissionnent ; vous croyez que ce n’est pas suffisant ?!?
Cette assurance prévoit DEJA de ne pas indemniser très longtemps ceux qui n’ont pas assez cotisés ; vous croyez que ce n’est pas suffisant ?!?

Enfin, cette mesure touchera avant tout les moins qualifiés, ceux qui n’ont pas le BAC ou les BAC + 2 et 3, mais sans qualification précise, c'est-à-dire sans avoir un métier précis… Du personnel qui s’adapte au grès de ses «missions», de ses contrats, et parfois de quelques formations ici ou là ; bref, des individus à qui l’on pourra proposer n’importe quel emploi, dans des entreprises où les conditions de travail peuvent être parfaitement rébarbatives, sous prétexte que l’entreprise en question se contente de demander un… BAC , BAC + 2 ou 3.
Des entreprises où, si le salaire est équivalent à l’ancien salaire perçu par le chômeur concerné, le même salaire n’évoluera peut-être pas de la même manière que dans une autre entreprise, d’où la préférence qui pourrait consister à attendre d’autres offres et d’autres opportunités, dans d’autres entreprises…
Et si l’ancien salaire, soit le dernier en date, avait déjà marqué un retrait par rapport à des salaires antérieurs et que le chômeur voulait justement profité de ce moment d’indemnisation par les ASSEDIC pour prendre le temps de trouver une entreprise où il pourra enfin reprendre une carrière plus en adéquation avec ses attentes, autant professionnelles que salariales ?!?

Mais qu’ils aillent se faire f……. tous ces cons qui prétendent REGENTER la vie des autres sans dévoiler leurs véritables motivations : soit ils sont à l’abris, bien au chaud, dans des emplois où ils ne risquent pas le chômage, soit ils sont retraités et se foutent bien que les générations d’aujourd’hui n’aient pas la chance de travailler au sein des «trente glorieuses», soit ils sont bénéficiaires de rentes en tous genres, soit ils sont en fin de carrière et ne risquent plus d’être licenciés… Soit ils sont aigris parce qu’ils n’osent pas démissionner d’un travail qui ne leur plaît pas et veulent faire payer à ceux «qui ne travaillent pas» leur propre soumission alors qu’ils devraient plutôt appeler à une évolution de l’assurance chômage, comme par exemple : l’indemnisation des démissionnaires !

De toute façon, ce qui me paraît assez risible et encore un effet d’annonce, c’est qu’une offre d’emploi proposée par l’ANPE ne signifie pas que le chômeur rencontré par l’employeur concerné se verra embauché… Ni que le chômeur concerné mettra «tout en œuvre» pour convaincre le dit employeur de l’embaucher…
Bref, un système qui privilégie l’hypocrisie, une fois de plus, mais aussi l’égoïsme et l’injustice. Seulement deux choix en rapport avec ses qualifications et son ancien salaire ?... Mais on rêve ! Et le choix de l’environnement de travail, du temps de transport, du domaine d’activité, des possibilités d’évolution ?

Scandaleux et effarant !

PS : je trouve également lamentable l’instauration d’un contrat de projet pour les ingénieurs, sachant que durant ce temps, je leur souhaite bien du courage pour louer un appartement avec un tel contrat…

commentaires

21/04/08 - 07:50

le but du jeu c'est de trouver encore des gens à radier!

21/04/08 - 07:53

...pour atteindre les 7 pour cent promis par le gouvernement

21/04/08 - 08:36

Le 62% de oui est normal quand on lit attentivement la question. Je dirais même plus c'est de l'ordre juste.
Je cite "en conformité avec sa formation, ses qualifications, son salaire, sa vie familiale" ; "même moins bien rémunéré".
Donc on garde le même salaire, le même logement (vie familiale), le même poste (formation et qualification).
Donc on a le même salaire mais il faut faire un sacrifice en matière de rémunération.
La question pertinente est : combien de tricheurs ? C'est Lagarde qui a répondu 1%. Donc, l'assurance-chômage marche à 99%. Donc, elle est très efficace. Pratiquement pas de tricheurs. Ce n'est pas une réforme, c'est une réformette. Principe général : je ne répare que ce qui est en panne. Et l'assurance-chômage n'était pas en panne.

21/04/08 - 09:49

Beau coup de gueule! Les centristes...Le parti des bobos sans parties, qui ne veulent pas avouer qu'ils sont de droite et moralistes. Ils attendent bien planqués! Même s'ils paraissent cools avec leur déguisements de chiffons griffés et leur coupe de sdf en fin de vie!...bandes de nazes! Les c*llab*s qui ne disent pas leur nom. On les a vu réagir il y a un an...
En ce moment l'ump met l'accent sur les formations, contrats précaires, là pour faire baisser le pourcentage. Encore du maquillage over n over...En même temps, la gauche maquillait aussi, sauf qu'il n'y avait pas de chasse à la sorcière, qu'elle n'a jamais monté les gens les uns contre les autres.
On se rend quand même compte, à travers les dites réformes de sarkonzy...du vrai visage des français...et rien n'a changé depuis 60ans apparemment....certains sont toujours prêt à dénoncer leur voisin!
Aujourd'hui, une Etps qui emploie un rmiste peut être exonérée de charges...donc ils embauchent, puis ils jettent! Effet pervers de ce système...Le rmiste perçoit son rmi durant les premiers moi, mais après il ne perçoit pas un euro, puisqu'il a travaillé.
Donc c'est à lui de prévoir, durant les 6 premiers mois de son embauche, la possibilité d'être viré.(épée damoclesse - soumission obligatoire) Donc il doit continuer de vivre dans la précarité durant ce temps. A noter qu'un montant de 1000 euros lui est versé au bout de 4 mois; puis une autre prime entre le 4e et 12e mois.(la on sent ceux qui hurlent déjà Ô maudits privilégiés.)Quand il tient jusque là, on peut dire qu'il est sauvé....combien on pu aller jusqu'à 4 mois? en nombre? ET NON EN: "j'en connais un qui..."

Donc si vous perdez votre emploi au bout de 3 mois, vous vous retrouvez sans un cent et des loyers de retards, agios(avec 400€/mois difficile à éviter) etc puis la RUE en rupture définitive!!! Super! Ainsi la délinquance à de beau jour devant elle!...
Ensuite, vous devenez plus méfiant et frileux face aux offres d'emplois qui peuvent devenir votre propre assassin...afin de conserver ce qui vous reste de décence humaine: un logement et rester propre...pour justement trouver un vrai travail!!! Et non être un esclave comme certains le voudrait!

21/04/08 - 13:15

Tu as raison de le souligner, Joelsud : poser la question comme ça est assez stupide ou tordu... (j'étais passé trop vite dessus tant le chiffre d'opinions favorables me sidérait !). Demander "même moins bien rémunéré", "en conformité" avec "son salaire"... ça veut dire quelque chose ?!? Pas bon, Opinionway...
Cela dit, je pense que les français interrogés ont bien compris le véritable sens de la question : un chômeur a-t-il le droit de "prendre son temps", ou non, même s'il a de bonnes raisons pour le faire et la réponse de 62% des français, (dans ce sondage) est non.
Il serait intéressant que d'autres sondeurs reformulent peut-être la question différemment et qu'on compare les résultats. Mais ça sent mauvais pour le moment...

21/04/08 - 13:27

attention, opinionway est un institut de sondage proche, très proche de l'ump

21/04/08 - 20:34

Je pense que les personnes interrogées ont très bien compris la question, mais beaucoup n'ont pas été chômeurs ou très peu de temps.
Moi, je l'ai été. A une époque j'ai même fait des stages ,genre "Se former en entreprise", stage qui ne m'apprenait rien mais qui me permettait de toucher 4500frs au lieu de 2100frs de RMI.
Quand on me disait, dans les réunions de groupe de ces stages "pourquoi vous ne changez pas de métier?" la réponse était trouvée "j'ai une qualification qui me permet de gagner ma vie correctement, seulement à ce moment en architecture et le bâtiment c'est la catastrophe, quand ça repartira, je retrouverai du travail rapidement". Ce qui s'est passé, donc j'ai bien fait de ne pas prendre un emploi que je ne métrisais pas, être payé au SMIC et au cas où je me serai retrouvé au chômage, toucher des indemnités sur un SMIC et non pas mon véritable salaire.
Les personnes interrogées devraient réfléchir avant de répondre et surtout se poser la question " ne me retouverai-je aps au chômage demain?".

22/04/08 - 05:07

photo75 : ton exemple illustre très bien la remise en cause qui risque de s'opérer et qui permettait d'assumer le choix de certains risques en connaissance de cause. Moi-même, dans les années quatre-vingt dix, je n'ai pu accéder à une formation qualifiante qu'à l'issu de 7 mois de chômage et cette formation m'a permis de décrocher un CDI et de connaître une petite évolution professionnelle que je n'aurais pas connu sans ce temps qui m'a été laissé ; autant pour réfléchir moi-même à ce que je voulais vraiment que pour pouvoir être inscrit à cette formation. Si l'on m'avait obligé à prendre un emploi entre temps, ça n'aurait certainement pas été un CDI ou dans un emploi médiocre et très mal payé et la possibilité de reprendre des études, même en accéléré, m'aurait été retirée pour longtemps !
(Et encore, à mon époque, l'indemnisation était dégressive, tous les trois mois je crois. Mais tout en étant salarié, j'ai apprécié qu'on cesse avec cette dégressivité systématique tout au long de l'indemnisation. Je n'étais pas jaloux sous prétexte que je n'avais pas eu cette chance moi-même, parce que je savais ce que m'avait coûté mes choix passés, qui étaient bons pourtant et que je n'ai pas eu à regretter.)

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