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LE BLOG DE SELFMADE

20/04/2008

20/04/08 - 11:08

Anniversaire de la naissance de Napoléon III (le piètre dictateur)


J’ai lu, il y a très longtemps de cela, une longue biographie de Napoléon III d’où il ressortait, tout de même, qu’il n’a eu de cesse de vouloir conquérir le pouvoir et se faire un nom au même titre que son oncle.

Napoléon III était un dictateur qui, s’il n’était pas dépourvu d’une certaine bonté et s’il n’a pas eu recours à des exécutions à répétition pour atteindre et garder le pouvoir, n’en a pas moins exercer ce dernier de manière dictatoriale.
Auteur d’un coup d’état contre le IIeme république mais plébisciter par une large fraction des votants afin de faire valider le second empire et son titre d’Empereur, il ne faut pas oublier pour autant la dimension absolument populiste de sa démarche, populiste et nationaliste. C’était quoi le retour de l’empire sous la houlette d’un Bonaparte, sinon le retour au fantasme de la France napoléonienne, conquérante, prestigieuse… et meurtrière vis-à-vis de ses propres enfants !
(Entre la guerre d’Espagne et celle menée contre la Russie, les deux n’étant absolument pas rendues obligatoires pour la défense du territoire, Napoléon Ier est responsable de centaines de milliers de morts, souvent atroces, de français, d’espagnols, de russes… et combien de mutilés ?)

Elu premier Président de la république française, Louis-Napoléon Bonaparte aurait pu se contenter de ce titre prestigieux mais il a souffert au même titre que son oncle de mégalomanie, et rien ne justifiait, aucune urgence, aucun dysfonctionnement réel, le passage de la république à l’empire ; surtout sous la forme d’un coup d’état.

Autre élément intéressant : si il s’est intéressé au socialisme, il a tout autant était emballé par le libéralisme à l’anglo-saxonne qui prenait son essor alors, et lorsqu’il entend conférer aux ouvriers le droit de grève, c’est dans une démarche paternaliste telle que l’ont pratiqué d’ailleurs beaucoup de patrons français par la suite.
L’article de wikipedia le concernant rappelle ce fait : «L'Association Internationale des Travailleurs est autorisée à ouvrir un bureau en France. Mais les efforts de l'Empereur pour prendre lui-même la tête d'un mouvement ouvrier officiel échouent : les ouvriers restent dans leur masse républicains. Napoléon III dissout le bureau parisien de l'AIT en 1867 et la troupe intervient dans plusieurs grèves dures qui marquent la fin du règne.»

Ainsi donc, Napoléon III c’était «avec moi» ou «contre moi». Ce n’était pas la voie de la démocratie parlementaire et encore moins celle de la liberté de la presse.
Les libelles de Victor Hugo a son encontre était parfaitement justifiés et compréhensible son refus de revenir en France lorsque «le Prince» décide une amnistie après avoir conduit à l’exile des dizaines de députés légalement élus !!!
Un retour pour se taire ? Pour être censuré ?...

Quant aux avancées diverses, parfois bonnes, elles auraient eu lieu sous la IIeme république ou une IIIeme, si l’idéal républicain n’avait pas été enterré par Louis-Napoléon Bonaparte, petit dictateur mégalomane, et la France n’aurait sûrement pas connue la guerre de 1870, sa défaite et la perte de l’Alsace-Lorraine au passage, sans compter l’expédition mexicaine qui se révéla un désastre…
Le gouvernement de Benito Juárez, qui se trouvait au pouvoir alors mais dans un pays fortement divisé, venait de promulguer les lois suivantes : «lois de nationalisation des biens ecclésiastiques, loi du mariage civil, loi du registre civil, loi de sécularisation des cimetières, loi de liberté des cultes.» - (wikipedia)

Et face à ce Bénito Juárez dont on peut apprécier l’idéal laïc avant l’heure (et avant la France), Napoléon III proposait un empire catholique !!! D’où l’expédition pour mettre un empereur choisit par la France à la tête du Mexique.

Voilà un résumé de la triste histoire d’un second empire qui n’aurait pas du être, et d’un homme qui ne cherchait qu’à se bâtir un destin, à l’égal de son oncle, et certainement pas à bâtir une société «idéale» telle que l’on pourrait l’entendre aujourd’hui.

Louis-Napoléon Bonaparte n’est pas «mal jugé» tel qu’on peut le lire ici ou là, mais souvent jugé sévèrement parce qu’il le mérite, et en partie oublié parce que ni ses pensées politiques, brouillonnes, ni sa vision sociale, inaboutie, si sa vision économique, libérale, ne méritent qu’on s’y intéresse davantage.



PS : ce n'est pas être "bonapartiste" que de commémorer Napoléon III, mais tout bonnement monarchiste... Et donc, préférer qu'à la tête de l'état soit installée une famille "royale" ou "impériale" à la transmission du pouvoir héréditaire, fut-elle pourvue de parfaits imbéciles, plutôt que des individus démocratiquement élus que la population peut choisir de soutenir et de réélir, ou pas.

commentaires

20/04/08 - 11:44

merci pour cette salutaire mise au point ! :o)

20/04/08 - 12:51

faudrait peut-être corriger les fautes pour que ça fasse plus crédible ^^

20/04/08 - 13:34

l'orthographe n'est pas une preuve d'intelligence... je dis ça sans parti pris, j'ai toujours été très bon en orthographe... :o)

20/04/08 - 14:24

Ah, les fautes... Je fais des efforts mais je pense surtout que ce qui compte est de parler à peu près sérieusement d'un sujet, (à peu près parce que je ne suis pas historien), et ce réflexe concernant les fautes (j'imagine que mon post n'en est pas truffé...) se retrouve parfois dans les commentaires de différents blogs et ne traduisent souvent qu'une absence complète de réflexion sur ce qui est dit sur le fond, relk. Je ne vois VRAIMENT pas en quoi des fautes pourraient retirer de la crédibilité à un propos ! Tandis qu'un journal qui se veut sérieux se doit d'avoir des correcteurs, etc... Ce n'est pas le propre d'un blog !
Il faudrait commencer à comprendre ce qu'est internet, relk, plutôt que de produire ce genre de commentaire désobligeant ; comprendre notamment que c'est un lieu d'échanges entre diverses opinions en provenance de gens très différents, plus ou moins cultivés, plus ou moins intelligents, mais ce qui compte là c'est de donner son opinion, de réagir ou pas. (Ah moins que, déçu de lire quelque chose qui ne plaise pas, on cherche à décrédibiliser un propos de façon détournée, via l'orthographe... mais là, c'est un peu lâche.) :)))))

20/04/08 - 20:23

Lorsque la forme prime le fond...

Bravo pour ce post qui rappelle un certain nombre de vérités bien occultées...

20/04/08 - 20:58

Parfaitement d'accord avec ce post.
Comment ne pas oublier que ce régime a débuté par le parjure du serment présidentiel de 1848 et s'est terminé par une guerre toute aussi inutile contre la Prusse.
Comment ne pas oublier la détestable pratique des candidats officiels, qui a survécu à ce régime,le culte de l'homme providentiel, les mensonges permanents comme "l'Empire c'est la paix"...

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