« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »
En recherchant sur Wikipedia la phrase exacte de Voltaire, (pour rédiger mon précédent post), j’ai appris qu’il n’aurait jamais dit ça (ce qui ne signifie pas qu’il n’aurait pas été d’accord avec cette idée, d’ailleurs.)
Cela dit, ça tombe plutôt bien que Voltaire ne l’ai jamais dis, car j’ai toujours trouvé ce propos un peu grandiloquent et somme toute, pas très sincère... Surtout que la phrase apocryphe qui lui est attribuée stipule qu’il se battra « jusqu’à la mort » ! Personnellement, j’ai autre chose à faire dans l’existence (quitte à ne rien faire, d’ailleurs), que de me battre jusqu’à la mort pour défendre la connerie des autres. :)
Et de fil en aiguille, je tombe sur ça : « J’ai toujours vigoureusement défendu le droit de chaque homme à sa propre opinion, aussi différente qu’elle puisse être de la mienne. Celui qui refuse à un autre ce droit se rend lui-même esclave de son opinion présente, car il se prive du droit d’en changer... ».
Thomas Paine.
Là, déjà, j’aime mieux. C’est une approche plus intéressante, même si elle peut être déstabilisante puisque elle implique que l’on puisse changer d’idées, que l’on puisse avoir tors, mais cela ne m’effraie pas. Je ne suis pas « ancré » dans des certitudes. J’ai des convictions, c’est différent.
La différence entre une opinion et une conviction… Etre convaincu, ce n’est pas être certain, mais se trouver fonder à penser, à la vue de connaissances empiriques et/ou livresques, que ce que l’on pense est juste.
(Vous pouvez retrouver cette définition dans « le petit Selfmade », un nouveau dictionnaire qui paraîtra à la rentrée.) :)
13/08/07 - 13:05
Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eue
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu, c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Les Saint-Jean-bouche-d'or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en apparté
"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"
Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées c'est bien beau, mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Encore s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de grands soirs que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Ô vous les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu ! Laissez vivre les autres !
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas
Car enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds !
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
-- Brassens
pire