Mes problèmes ont commencé lorsque j’ai voulu habiter au 36eme étage d’une tour qui n’en comptait que 24. Bien entendu, l’ascenseur ne montait pas jusqu’au mien et malgré de nombreux courriers au Syndic, dont j’ignorais l’adresse d’ailleurs, aucune mesure n’était prise pour résoudre ce problème.
Les autres co-propriétaires feignaient de ne pas se rendre compte que ma présence au bas de leur immeuble, dans une tente de fortune, ne tenait qu’à l’impossibilité dans laquelle je me trouvais de pouvoir gagner mon appartement !
Ils passaient à côté de moi, indifférents et certains même prenaient une mine dégoûtée en m’apercevant. Et puis quoi ? Aurais-je du plier bagages ? Laisser-là le fruit de mon investissement ?… Je savais que je résidais dans cet immeuble.
Les problèmes au travail furent plus coriaces encore. Impossible de convaincre ma chef qu’elle ne l’était pas et que c’était moi qui était son chef. Mon directeur, complice dans cette forfanterie, lui donna raison sur le champ lorsque nous fûmes convoqués dans son bureau… Je n’avais pas d’autres choix que de donner ma démission. A bien y repenser, je pense que j’étais doublement victime dans cette histoire ; je suis persuadé qu’en fait je n’ai jamais été salarié de cette entreprise ! Toute cela n’était qu’un coup monté. Contre moi. Moi et mon investissement.
Habiter au 36eme étage, c’était habiter au sommet et c’est ça que les gens ne pouvaient pas supporter. D’où le harcèlement général, le licenciement d’un emploi que je n’ai jamais occupé, la persécution de la police pour que je change ma tente de quartier et finalement, mon internement.
Aujourd’hui, même enfermé dans cet hôpital psychiatrique, je sais que j’habite toujours au 36eme étage de mon immeuble et que c’est l’étage le plus haut. Reste à déterminer comment y monter…
12/07/07 - 10:15
K?
NS (visiteur)