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LE BLOG DE SELFMADE

22/06/2007

22/06/07 - 09:29

CE QU'A VRAIMENT DIT SEGOLENE ROYAL LE 20 JUIN




Je viens de faire un travail assez fatiguant, mais comment moi qui l'ai soutenu depuis des mois je ne chercherais pas à voir plus clair derrière ce que j'entends ici et là... Trouvé sur le site de "Désir d'avenir", la vidéo de son interview à LCP/Le Monde/Fce Infos. J'en ai noté quelques extraits très fidèlement pour ne rien déformer. (Bien entendu, le langage parlé ressort moins bien à l'écrit.)

D'abord le cadre qui est la refondation sinon du PS du moins de son projet :


"Il faut que les choses se fassent rapidement »

"faire en sorte de faire converger vers nous les forces vives avant qu’elles ne partent »

Puis le passage de l'interview si controversée depuis deux jours :

SR : « Ce n’est pas une question de calendrier, mais c’est une question de remise en cause d’un certain nombre de dogmes du passé », « d’une analyse et d’une mise à plat aussi de ce qui s’est passé depuis 2002 politiquement, sur les idées que les socialistes ont avancés, celles qui ont été crédibles, celles qui ne l’ont pas été, les idées neuves que j’ai pu avancer pendant la campagne présidentielle, celles qui n’ont pas eu le temps d’êtres transformées en propositions concrètes par rapport à la perception positive qu’en avait les français, c’est tout cela qu’il faut faire et qu’il faut faire vite. Et en particulier remettre en cause un certain nombre de choses ; par exemple, le SMIC à 1500€ qui était une idée phare de Laurent Fabius, le SMIC à 1500€ brut dans 5 ans où la généralisation des 35h sont deux idées qui étaient dans le projet socialiste, que j’ai du reprendre dans le pacte présidentiel et qui n’ont pas été du tout crédibles. »

Journaliste : Pourquoi les avez-vous défendues ? »

SR : Par cohérence avec le projet socialiste. »

Journaliste : Vous ne pouviez pas gagner alors… »

SR : Si, parce qu’il n’y avait pas que ça dans le pacte présidentiel. Mais les idées phares du projet socialiste que j’ai du reprendre dans le pacte présidentiel et qui n’étaient pas crédibles, d’abord les gens se disaient le SMIC à 1500€ brut, déjà on parle en net et de toute façon on va y arriver dans cinq ans, ensuite ceux qui gagnaient juste au-dessus et qui étaient à 1500€ net se disaient qu’on parlait d’eux, et j’ai rencontré combien de fois des salariés qualifiés qui étaient à 1500€ net et qui disaient « mais enfin, on va devenir smicard », et puis tous les salariés qui étaient dans les petites entreprises qui sont en difficultés et qui comprenaient, eux, que du jour au lendemain le SMIC allait passer à 1500€ net se disaient que ce n’était pas crédible."

A mon sens, les arguments avancés par Ségolène Royal se valent parce que j'ai moi-même entendu beaucoup de discours allant dans ce sens en provenance de salariés avec des petits salaires, ou même de retraités qui gagnaient peu lorsqu'ils étaient en activité. En effet, le projet socialiste n'expliquait pas clairement si le but visé était en brut ou en net, sachant que ces dernières années le SMIC a constamment augmenté et qu'effectivement, nous devrions aller vers le SMIC à 1500€ BRUT dans les années à venir... La révolution sociale eut consisté à prôner les 1500€ NET comme salaire de base ! Mais comment le financer ? Combien d'entreprises, PME, pourraient le supporter ? Comment ne pas craindre que cela fasse chuter de manière énorme les embauches ? A l'heure d'un très fort taux de chômage, ce n'est pas raisonnable , évidemment.
Et parce que le projet du PS n'expliquait pas de quelle manière l'Etat organiserait ses recettes et ses dépenses s'il devait EN PLUS financer les allègements indispensables pour que les PME puissent aboutir à l'objectif d'un SMIC haut, il n'était pas crédible.
Je me souviens avoir entendu Fabius à la télé, au début de la campagne, rappeler qu'effectivement il parlait en BRUT... et les journalistes ou économistes en face qui reprenaient en disant : "mais on va déjà vers cet objectif". Dès lors, comment prétendre que la gauche arrive avec un projet "de gauche" si "à gauche" qu'il changera la vie des français ?

Je pense, à écouter cette interview, que Royal a raison de se lancer sur ce terrain-là, celui de la crédibilité.

Dans la suite de l'interview, elle explique ce qui d'après elle devrait fonder et fondait son pacte présidentiel d'un point de vue économique, son fameux "gagnant-gagnant" ; c'est au tour de ce pacte d'être confronté à une mise en persepective réelle et franche de manière à savoir s'il peut constituer un socle pour le projet du PS dans les 5 ans à venir, ou s'il doit être abandonné.

Je ne suis pas "Ségolènophile" tous azimuts et je respecte trop les questions sociales pour acquiescer à tout sous prétexte que ses idées représentent un certain renouveau.
TOUT NE FAIT QUE COMMENCER : il va falloir cogiter... (Quant à Mélanchon, je ne suis pas sûr qu'il soit le plus à même d'apporter les idées crédibles, réalistes tout en étant vraiment de gauche, dont le PS a besoin).

Second extrait, où Royal vante le mérite du "syndicalisme de masse", idée de droite bien entendu... (qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre de certains !), et où elle défend la nécessité pour la gauche de s'attaquer (mais sans slogans creux) à la réalité des bas salaires :


SR : « Certaines mesures qui venaient du projet socialiste et qui ne sont pas passées, qui n’étaient pas crédibles pendant la campagne présidentielle, mais qui derrière le symbole étaient politiquement fondées, c’est-à-dire que lorsqu’on défendait le SMIC à 1500€ brut avec les inconvénients que je viens de dire, le message politique c’était de dire que les socialistes sont favorables à une augmentation des bas salaires ; et vous avez d’ailleurs observé que dans mes documents de campagne, en particulier dans ma profession de foi qui a été envoyée à tous les français, il n’y avait pas le SMIC à 1500€ brut dans cinq ans, il y avait la revalorisation des bas salaires dans le cadre d’une conférence salariale discutée avec les partenaires sociaux, et dans le cadre d’une amélioration des salaires liée à une amélioration de la qualité du travail, de la formation professionnelle, dans un pacte gagnant-gagnant avec les entreprises.
En clair, à partir d’un certain nombre de propositions du projet socialiste sur lesquelles je sentais que ce n’était pas crédible dans l’opinion, j’ai bâti, mais sans doute dans un délais de temps qui a été trop court, j’ai bâti un pacte présidentiel sur certains point et notamment sur cette question des salaires. Ce que j’ai proposé c’est un pacte gagnant-gagnant avec les entreprises où on augmente les salaires parce que l’on augmente en même temps la qualité du travail, donc les salariés s’y retrouvent et notamment ceux qui sont avec des bas salaires, parce qu’ils ont un travail plus intéressant et les entreprises s’y retrouvent parce que la productivité horaire du travail s’améliore. C’est là le fondement du projet économique sur lequel nous devons continuer à travailler car je pense moi qu’il faut sortir de la confrontation traditionnelle et dépassée entre les différents intérêts au sein d’une société, entre les salariés d’un côté qui s’affrontent aux employeurs de l’autre. Je pense au contraire que c’est à l’état de faciliter le dialogue sociale et notamment grace à un syndicalisme de masse pour mettre en place des stratégies gagnant-gagnant, gagnant pour les salariés, gagnant pour les entreprises et notamment pour les PME et donc gagnant pour le pays. »

commentaires

22/06/07 - 10:01

Personnellement, je l'ai toujours bien aimée Ségolène, j'aurais bien voté pour elle si elle n'avait pas été au PS.

22/06/07 - 15:05

Si je dis de grosses conneries, je te prendrai pour avocat, sans hésiter :)

22/06/07 - 20:54

C'est gentil Matt... mais c'est un peu empoisonné comme compliment !

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