Image : D. Wojnarowicz


LE BLOG DE SELFMADE

06/06/2007

06/06/07 - 07:52

Extrait du discours de François Hollande au Zénith de Paris, le 29 mai 07




"Il faut une opposition forte –si nous ne parvenons pas à la majorité- qui sera la garantie même de la République, de la démocratie, de l’équilibre, du pluralisme. Et cela ne fera pas défaut, parce qu’ils veulent tout contrôler, au-delà même des consciences, jusqu’à la télévision, aux images et ils y placeront là leurs collaborateurs, leurs fidèles, pour s’assurer que la bonne image soit retenue. Nous faisons confiance aux journalistes. Et il y a aussi les forces de l’argent. Ils les tiennent ou plutôt ce sont les forces de l’argent qui le tiennent.

N. Sarkozy sait qu’il fait peur… peut-être même à lui-même de temps en temps. Il sait qu’il inquiète et que nul n’est vraiment complètement rassuré… peut-être même jusque dans son propre camp. Alors, pour ne pas inquiéter, pas alarmer, pas alerter, nous sommes dans un temps de communication. Depuis le 6 mai, il ne faut s’inquiéter de rien : « ayez confiance, j’ai changé ; hier j’étais la droite décomplexée, aujourd’hui je suis un Président sans complexe. Je parle à tout le monde, je vais dans les cantines, je rencontre des ouvriers, je vois des agriculteurs, et puis je cours, je cours sans cesse, je cours encore, je cours toujours ». Comme s’il devait dire auFrançais « courez, il ne vous sera fait aucun mal ! ». Mais, si nous ne voulons pas courir, nous. Si nous ne voulons pas marcher même dans cette direction, on en a bien le droit !
Si on ne veut pas courir, on nous dit de dormir : « dormez profondément, jusqu’au 10 juin ; ne vous réveillez pas ; inutile. Dormez même jusqu’au 17 juin, il ne vous sera fait aucun mal ». Mais, après le 17 juin, on ne répond plus de rien. L’anesthésie s’arrête et la chirurgie lourde commence. Evitez donc ces dépenses de santé inutiles pour les Français !

Face à cette menace –elle est réelle, face à la gravité de l’enjeu, il n’y a qu’une seule force pour agir et protéger les Français. Cette force, c’est la vôtre ; cette force, c’est le Parti socialiste . Il doit être là, maintenant, dans cette campagne comme recours, comme réponse. Je sais qu’au-delà de cette salle, beaucoup ont été déçus le 6 mai, tant l’espoir fut grand –celui qu’a levé Ségolène Royal. Je sais que les électeurs de gauche sont inquiets devant cette déferlante politico-médiatique. Je sais qu’il y en a même, fatalistes résignés, qui se disent ne plus rien attendre du vote, qui préparent déjà les banderoles et s’engagent pour de grands défilés pour l’automne prochain.
A ceux-là, je dis non. Avant de défiler, de manifester, de contester, il existe un moyen plus commode : VOTEZ, oui, votez, utilisez ce droit fondamental, le suffrage pour décider, le suffrage pour arrêter, le suffrage pour proposer. C’est le vôtre, c’est le suffrage socialiste."

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