Aujourd’hui, je suis Preum’s pour la première fois !
Berger/Gall : « Ce soir, je ne dors pas… C’est la toute-toute première fois… »
Je suis Preum’s et je n’en retire aucun orgueil. Je vis la chose avec un certain détachement et beaucoup d’humilité, je crois.
Bien-sûr, des messages arrivent, de toute part. Bush vient de me féliciter par mail et un Chargé de mission de l’ambassade US vient de passer chez moi pour me remettre un cadeau : un billet d’avion pour Bagdad. Sacré George ! Il a oublié le billet retour…
Blair également qui s’est fendu d’un coup de téléphone vers les trois heures du matin : « Vous premier, n’est-il pas ? C’est magnifique ! You know, je vais être chômage bientôt, et je veux partir d’ici… Il y a trop de pauvres very, very aggressive, you know ?… So, si vous pouvez accueillir moi… ». Mon appartement est trop petit pour un ex-Premier ministre anglais, mais je lui ai promis d’en parler aux gaïens de droite, voilà qui est fait.
Elisabeth Taylor m’a fait parvenir un beau bouquet de chrysantèmes ( ?) avec un mot, énigmatique : « Michael is innocent ! Michael is innocent ! ».
Bigard m’a téléphoné : “Tu es un battant, un vrai ! Tu viens de le prouver. Fais comme moi, rejoint Nicolas ! En plus, tu paieras moins d’impôt ! ».J’ai raccroché alors qu’il allait me débiter sa blague du matin. Et puis, je me fous de payer moins d’impôts puisque ma participation à GA est bénévole.
Aucun message du Pape ! A croire qu’il est vraiment mort… (Comme je ne suis pas baptisé, il ferait bien de se méfier ! Je pourrais très bien me convertir à l’Islam ou au Judaïsme, même s’il doit savoir qu’effectivement, je ne me convertirais jamais au Sarkozisme. Là, il joue sur du velours…)
Pour finir, et profiter de ce moment exceptionnel dans mon existence de gaïen, (et gars bien au demeurant), je vais me fendre d’une petite confidence sur mon pseudonyme… Une fois, un adepte de GA a répondu à l’un des mes posts ou des mes commentaires en m’appelant « Self-made-man ». C’était quelqu’un de droite très énervé par mes propos et j’ignore s’il s’agissait d’une sorte de lapsus de sa part ou s’il faisait de l’ironie. Etant donné la teneur de ses propos, je pencherais plutôt pour la première explication.
En fait, ce pseudo m’est venu à l’esprit très rapidement, tout comme ma volonté de créer ce blog. La photo de moi, idem. J’ai pris mon portable et hop-là ! (j’adore cette expression, semble-t-il…). Alors, pourquoi ce pseudo ? Parce que j’ai cherché quelque chose qui pouvait me caractériser ou me ressembler un peu, puisque dans le même temps, j’ai choisi de rester anonyme, de ne pas montrer mon visage.
Or, ce pseudo a cette particularité de renvoyer à une image toute faite, également liée à l’argent : Self-made-man. L’homme qui s’est fait tout seul et qui pour chacun correspond plutôt à l’homme qui a fait fortune seul, sans partir d’un héritage quelconque, et sans l’aide de personne.
Pour ma part, je n’ai pas fais fortune et je n’ai pas essayé non plus, mais d’une certaine manière, je sais également que je me suis fais tout seul. Me réapproprier cette expression toute faite c’était également un moyen de signifier que je ne mesure pas mon chemin parcouru à l’aune de mon compte en banque. Je ne mesure pas les efforts accomplis pour rester en vie et gagner mon indépendance par le biais d’une quelconque réussite professionnelle. Reprendre cette expression, c’était signifier que pour moi, la qualité d’un individu n’est pas liée à sa « réussite » dans la société, à l’épaisseur de son compte en banque, à son statut ou encore à ses titres nobiliaires… C’était déclarer que pour moi, être un « battant » ne signifie rien, ne veux rien dire, et en gommant le « man », j’enlevais cet aspect très réducteur de «l’homme qui s’est fait tout seul » et auquel, comme par hasard, on associe mal « woman ». Toujours la même histoire de « dominant et de dominé », tout ce dont l’humanité doit parvenir un jour à s’extraire.
Choisir « Selfmade » comme pseudonyme et afficher autant d’idées de gauche sur mon blog, c’est donc résumer en deux mots, accolés et tirés d’une expression toute faite et fortement connotée (mais volontairement « atrophiée ») : l’argent n’est pas mon maître et la société n’est pas mon guide.
21/05/07 - 00:30
CQFD
pire