"Bien ! Pas bien... Bien ! Pas bien..."
Il s’appelle Allen Carr et il a fait fortune avec un livre, souvent réédité dans le monde entier : « La méthode simple pour en finir avec la cigarette ».
Lorsque j’ai lu ce livre, j’ai été estomaqué ; le piège que constitue la cigarette y est décrit avec beaucoup de simplicité et d’efficacité. Ce que l’on sait sans se l’avouer, ce que l’on subodore sans se l’expliquer, et la dépendance que l’on accepte comme un mauvais destin contre lequel on ne peut rien.
Le secret d’Allen Carr ? D’avoir été fumeur, lui-même, durant 20 ou 30 ans, et gros fumeur. Il fumait jusqu’à quatre ou cinq paquets par jour. Bien entendu, passé la quarantaine, sa santé commença à devenir défaillante mais ses premières tentatives pour arrêter de fumer échouèrent. Puis, vint un jour où tout s’éclaira dans son esprit. Il prit le problème autrement, s’interrogea sur ce qui le motivait à fumer et peu à peu, il leva le voile sur la réalité cachée derrière ce faux plaisir. La réalité ? Fumer est un faux plaisir.
Exemple simple et concret : le premier carré de chocolat de votre vie, vous l’avez aimé ? Oui, et c’est pour ça que vous avez voulu en reprendre.
La première cigarette de votre vie, vous l’avez aimé ? Non. Et c’est pour ça que vous avez jugé que vous ne risqueriez rien à continuer… Vous avez pensé que, contrairement à d’autres, vous ne serez jamais dépendant, puisque d’emblée vous n’étiez pas emballé, voir légèrement dégoûté.
Pourquoi avoir continué, alors ? Le mimétisme, évidemment, imiter les adultes ou nos amis proches, nos frères, nos sœurs. Rejoindre la cohorte des grands acteurs, des artistes déjantés, des actrices sophistiquées, des cow-boys virils…
Rejoindre un monde de style, de classe, de réflexion intense et de partage : « T’as pas une clope ? Merci, c’est sympa… ».
Allen Carr a décortiqué tous les rouages de cette machine infernale. Fumer parce que l’on est stressé ? Mais c’est justement parce qu’on a envie d’une cigarette que le stress nous gagne. La cigarette calme alors un stress superficiel, généré uniquement par notre état de manque. Cet état étant comblé, le sentiment que la cigarette nous a fait du bien existe réellement.
La première cigarette, notre corps la rejette. On n'aime pas ça, on tousse, et peu à peu la nicotine fait son effet et on devient dépendant. Entre temps, notre corps a appris à gérer ce poison dont on s’inflige la consommation.
A ce stade de ma vie, j’ai donné une fortune aux marchands de cigarettes et à l’état, et j’ai peut-être perdu en espérance de vie. Enfin, de longévité.
Mais c’est comme si rien ne pouvait m’arrêter, comme si le tabac constituait un véritable compagnon, de toute une vie, un ami fidèle, un soutien irréprochable, et le livre de Carr, aussi convaincant soit-il, n’a pas suffit.
Je l’ai déjà lu trois ou quatre fois. A chaque fois, le même sentiment ; c’est une évidence, mon besoin est un leurre.
Nul besoin de tabac ou de cigarette pour vivre, nulle envie réelle, juste la nécessité de combler un manque. Celui de la drogue. En fait, je suis drogué et je paraît dans un état normal, naturel. Ce que l’on ne sait pas, ou que l’on ne voit pas, ce sont mes impatiences, mes énervements, mes inquiétudes et mes abattements. Bref, tout ce qui entoure la vie d’un drogué.
Est-ce que je vais bientôt arrêter ?…
14/05/07 - 13:31
OUI !
Un peu de volonté !
pire