Jaurès CONTRE Sarkozy
Sarkozy a eu l'indécence de le citer souvent au cours de ses meetings, en omettant de citer d'autres propos tenus par Jaurès, tout à fait incompatibles avec les idéaux de la "droite libérée", de la "droite décomplexée" que Sarkozy incarne aujourd'hui…
Jaurès en 1887 : « Je n’ai jamais séparé la République des idées de justice sociale sans lesquelles elle n’est qu’un mot. »
Jaurès pensait que la question sociale devait se résoudre par l’action des parlementaires ET des syndicats.
Jaurès encore : « Tant que les sociétés n’auront pas réglé l’avènement du prolétariat à la puissance économique, nous aurons beau accumuler les lois d’assistance et de prévoyance, nous n’aurons pas atteint le cœur même du problème social. »
A l’Assemblée Nationale, il intervient en faveur de la création d’un fond de retraite, d’une assurance sociale et plaide pour les victimes d’accidents du travail dans l’industrie.
En mars 1889, il écrit dans un journal de Toulouse :
« De même qu’en 1789, le peuple et la bourgeoisie se trouvèrent unis pour abolir les privilèges nobiliaires et les abus féodaux, de même, à la veille de 1889, le peuple et la bourgeoisie laborieuse doivent s’unir pour abolir les privilèges et les abus capitalistes. »
En 1893, il écrit : « La démocratie depuis 10 ans a sans cesse capitulé devant la puissance des millions. »
Et toujours à la même époque, mais cette fois à l’Assemblée Nationale :
«Pour beaucoup de prétendus républicains, la République n’est que la substitution de l’oligarchie financière à l’oligarchie terrienne, du grand industriel au hobereau, du banquier au prêtre et de l’argent au dogme. »
Fin 1893, après qu’un anarchiste ait jeté une bombe (qui ne fait pas de mort) dans les travées de l’Assemblée Nationale, le pouvoir en place en profite pour mener une politique de répression contre les mouvements ouvriers et les organisations syndicales. A l’Assemblée Nationale, Jaurès propose de voter un amendement au projet de loi sur la propagande anarchiste :
« Seront considérés comme ayant provoqué aux actes de propagande anarchistes tous les hommes publics, ministres, sénateurs, députés qui auront trafiqué de leurs mandats, touché des pots-de-vin, participé à des affaires véreuses… ».
En 1894, il réclame une réforme fiscale et propose un impôt progressif sur le revenu et les successions. Contre lui, Poincaré dénonce une mesure d’inquisition contre les fortunes privées !
En 1895, la grève de la verrerie de Carmaux dans laquelle Jaurès s’est fortement impliqué au côté des ouvriers lui fait dire, puisque le patronal local et national ne plie pas : « On pourrait opposer usine à usine, et frapper l’industriel réactionnaire et violent dans ses intérêts comme dans son orgueil. »
Cette idée va faire le bonheur des mouvements coopératifs et va finalement aboutir à la création d’une verrerie ouvrière à Albi, directement concurrente de celle de Carmaux ! Dons, souscriptions nationales, quêtes, l’argent va être trouvé. Jaurès se montre révolutionnaire en suggérant cette action, d’autant qu’il en facilite l’exécution et l’accompagne à sa création.
En 1899, au Congrès international des socialistes, il déclarera : « Il faut pénétrer tous les jours la société bourgeoise avec des réformes qui tout en étant compatibles avec son principe peuvent hâter sa désorganisation. »
Sarkozy suggère qu’un accompagnement « cultuel » puisse faire du bien à des citoyens supposés désoeuvrés… En réponse, voilà ce que pensait Jaurès de l'influence des religions sur l'esprit des hommes : « Il faut arracher à l’Eglise sa puissance politique, ses privilèges sociaux, sa dotation budgétaire, il faut l’exclure de l’enseignement…Jusqu’à ce que le progrès des lumières, l’influence de l’éducation laïque et le relèvement social des opprimés aient séché peu à peu les habitudes et les croyances. »
Dernière différence avec Sarkozy ? : « Je suis plus sûr de lui que de moi. Cet homme est d’une probité absolue. » (Léon Blum à propos de Jean Jaurès).
05/05/07 - 19:52
C'était à rappeler !
pire