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LE BLOG DE SELFMADE

15/04/2007

15/04/07 - 11:00

Jean-Marcel Jeanneney est l’un des deux anciens ministres du Général De Gaulle encore vivants. Il a adressé, via le Nouvel Observateur, une Lettre ouverte à Ségolène Royal dans laquelle il lui apporte son soutien.


"Madame, je ne vous ai entendue et vue qu’à la télévision. Mais vos propos, votre manière d’être, ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j’étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre, "Maintenant", je ne doute plus de le faire.
Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l’honneur d’être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu’il avait décidé.
Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n’a guère eu de chef d’Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu’étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n’ai jamais cru à la possibilité d’un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers. Cela dit – et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure – j’ai le goût de vous dire que je constate d’assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu’elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D’abord le volontarisme politique , puis l’attachement à la nation , à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l’opinion ; l’idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain ; encore, le fait que la France, dans un mode menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte.
Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : "Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?" Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.
J’ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l’article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d’un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir.
Madame la candidate, je vous souhaite de tout coeur bonne chance et vous assure de la grande considération que j’ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère."

Jean-Marcel Jeanneney


J.-M. Jeanneney est également docteur en droit et agrégé en sciences économiques.

Il se distingue également par ces choix, puisqu’il a appelé à voter Mitterrand en 1974 et 1981.
Il fut également le premier ambassadeur français en Algérie après l’indépendance.

Il ne s’est jamais reconnu dans les pseudo-héritiers du gaullisme, comme il le dit lui-même. On le comprend… Qui oserait dire que de Gaulle se reconnaîtrait dans Giscard d’Estaing, Chirac ou Sarkozy ?!?

Pour autant, Jean-Marcel Jeanneney n’est pas « étiqueté » et n’appartient à aucun parti politique, et rien ne pourrait l’empêcher d’appeler à voter Bayrou. Pourtant, c’est elle qu’il choisit et les raisons invoquées ne sont pas démagogiques mais fondées sur des faits, une observation attentive du personnage, de ses attitudes, de ses engagements, et même de son dernier livre.

Il ne compare pas la politique économique et sociale sous les gouvernements du Président de Gaulle avec celle proposée par Ségolène Royal, mais il juge la femme et son envergure politique. Or, l’envergure du personnage, c’est bien tout ce que les français, de droite ou de gauche, ont toujours reconnu à de Gaulle.

commentaires

15/04/07 - 16:54

stupéfiant mais encourageant!

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