Un ministre de l'intérieur très "pasquaïen"...
Et on voudrait « ça » pour Président de la République ???
Remarques d’un tribunal administratif à l’encontre de Sarkozy, ministre de l’intérieur, en 2005 : «décision prise en vue de protéger les casinos existants contre la concurrence», «atteinte à l'égalité de traitement des candidats à l'exploitation des jeux».
Et en 2006 à nouveau, pour un autre fait visant une décision de restriction prise par Sarkozy, un tribunal administratif affirme que sa décision n’a «aucune base légale » !!! )
Extraits de l’article de Renaud Lecadre paru dans Libération du 24/03/07 :
« Nicolas Sarkozy, s'accrochant le plus tard possible à son ministère de l'Intérieur, n'a pas mégoté ses ultimes prérogatives de tutelle des casinos. Le 7 mars, il a refusé l'installation de machines à sous à Gujan-Mestras (Gironde), commune du bassin d'Arcachon où le candidat à l'élection présidentielle prend ses quartiers d'été. Le sang de Frédérique Ruggieri, concessionnaire du casino de Gujan, n'a fait qu'un tour : casinotière indépendante, en butte aux caïds du secteur (les groupes Partouche et Lucien Barrière) privilégiés par l'Intérieur, elle a porté plainte vendredi pour favoritisme. Diligentée contre X, sa plainte vise indirectement Nicolas Sarkozy, son directeur de cabinet Claude Guéant, son directeur des libertés publiques Stéphane Fratacci et son responsable des jeux Bernard Magniny. Toute la Place Beauvau mise en cause, avec Dominique de Villepin en intermittent du spectacle (de mai 2004 à juin 2005).
Cadors. En janvier 2002, la mairie (UMP) de Gujan-Mestras décide de se doter d'un casino. La société immobilière de Frédérique Ruggieri (Socodem) emporte l'appel d'offres contre les cadors habituels : Lucien Barrière exploite un casino à Bordeaux, Partouche règne sur le bassin avec deux établissements à Arcachon et Andernos.
Début 2005, en dépit de l'avis favorable des RG locaux, du sous-préfet d'Arcachon et du préfet de Gironde, la Commission supérieure des jeux (CSJ) du ministère de l'Intérieur refuse sous Villepin l'ouverture du casino de Gujan. Rendue avec deux ans de retard sur les délais habituels, la motivation de sa décision est suspecte : «En raison de l'offre locale résultant de la présence de casinos implantés autour du bassin d'Arcachon»... La loi confie certes au ministre de l'Intérieur le pouvoir discrétionnaire d'autoriser ou pas l'ouverture de casinos, mais avec pour seul critère l'ordre public. Il n'est pas là pour protéger commercialement les établissements déjà installés. En avril 2005, le tribunal administratif renvoie le ministère dans les cordes du jamais vu en matière de casinos : «décision prise en vue de protéger les casinos existants contre la concurrence», «atteinte à l'égalité de traitement des candidats à l'exploitation des jeux». Car, pendant que Gujan se faisait blackbouler, le casino Lucien Barrière de Bordeaux obtenait illico presto des machines à sous supplémentaires. »
2eme extrait du même article :
« Torpille. Rebelote un an plus tard. En juillet 2006, le ministre de l'Intérieur concède l'exploitation de bandits manchots suivant une circulaire signée trois ans plus tôt par lui-même, dans laquelle il affirme que n'importe lequel des 190 casinos français peut, a minima, obtenir 50 bécanes. Mais il ne peut s'empêcher de torpiller derechef l'établissement de Gujan en reportant ladite autorisation en octobre, après la saison estivale... Le tribunal administratif estime encore que cette «restriction temporelle n'a aucune base légale».
Dernier épisode : en février 2007, le casino de Gujan demande de passer de 50 à 100 machines à sous (MAS), en se basant sur la circulaire Sarkozy, selon laquelle tout casino exploitant plus d'un jeu de table (Gujan en a quatre) peut exiger un surplus de MAS. Nouveau veto, toujours en raison d'une fallacieuse «offre excessive de jeux», alors même que la Gironde est sous-équipée (une machine pour 2 239 habitants, deux fois moins que dans les départements voisins). Plusieurs personnes ont entendu le président de la Commission des jeux (dont l'avis n'est que facultatif, le ministre statuant en nom propre) prétexter une baisse de 20 % des revenus des casinos du bassin exploités par Partouche. La plainte, déposée par Mes Francis Terquem et Marie-Paule Pioli, souligne que «ces faits du prince, fut-il républicain, ne peuvent s'expliquer que par la volonté de nuire à un casino indépendant pour le seul bénéfice des groupes puissants». S'il est élu président de la République, Sarkozy ne pourra pas être poursuivi pendant cinq ans. »
Mon commentaire :
Il est beau le libéralisme de la droite française ! La protection des groupes puissants, c’est ça être libérale ? Etre libérale avec les milliardaires et intraitable avec les autres… C’est plutôt ça le libéralisme de la droite française, je veux dire "sarkozienne", mais l'on pourrait dire également "bushienne", ou encore "berlusconnienne", puisqu'ils ont les mêmes pratiques et la même "morale".
24/03/07 - 12:10
Je fais partie de la classe moyenne. Je vis "bien" même si depuis 1995, je perds du pouvoir d'achat car malgré tout, le travail que j'ai abattu pendant ces années a largement engraissé les "riches actionnaires". Je crois bien qu'un "mai 68" n'est pas loin. Tout sauf Sarkozy, c'est sûr.
gouli