Image : D. Wojnarowicz


LE BLOG DE SELFMADE

17/03/2007

17/03/07 - 10:44

Ambiance crépusculaire

Oui, je sais, c’est le matin et pourtant je suis d’humeur mélancolique. Il fait beau et je m’en fous, mes yeux n’aiment pas le soleil. Je suis fait pour un climat écossais ou irlandais, avec un ciel « bas », bardé de nuages et si possible, de nuages sombres. Un ciel gris anthracite.
A propos d’Irlande, je vais dénoter sur G.A. avec ce post mais bien que je sois homo (même pas bi), je vais parler d’un descendant d’irlandais plutôt apprécié des beaufs et de certains machos, paraît-il : Elvis Presley.
Eh oui, c’est comme ça, et je pense savoir pourquoi ; j’avais 12 ans lorsqu’il est mort, je me souviens des images aux infos du soir, une curieuse rencontre, comme l’apparition d’un ovni et deux ans plus tard j’étais fan. A posteriori, je pense que j’étais surtout fan de son côté phénix qui s’est brûlé les ailes au contact du soleil… J’étais fasciné, absorbé par la chute, la sienne et celle de Marylin. Deux figures tutélaires de mon adolescence. Et puis la beauté de Marylin était comme une promesse ; son regard chaleureux, sa façon d’être sexy sans être vulgaire, annonçant au monde dix ans avant 68 que « sex is beautiful », « sex is natural ». Avant Bardot également. La première à s’être détachée du rôle d’icône hollywoodienne pour incarner l’image d’une femme libérée, de la morale, des hommes et finalement jusqu’à en crever, de la maternité.

Face à elle, la voix d’Elvis, celle d’après 68 justement, m’apportait la chaleur humaine, un vibrato protecteur qui avait sans doute pour effet de compenser l’absence d’un père, le mien. Le timbre de sa voix d’alors m’est aussi familier que celui de ma mère, tandis que j’ai oublié celui de mon père dont je pouvais contempler la chute, longue, inexorable.
Et je pense depuis longtemps que ma fascination d’adolescent pour l’existence chaotique et tragique de ces deux figures emblématiques, Elvis et Marylin, est directement liée à la fascination/répulsion que m’inspirait le cheminement de mon père, et peut-être un peu celui de ma mère. Figures allégoriques, donc, mais réalité artistique.

Deux mois avant sa mort, Elvis chante « My Way », (la reprise de « Comme d’habitude ») dont Sinatra a fait un tube outre-atlantique. Un fan a réalisé le montage suivant, j’espère que vous apprécierez l’interprétation qui est, je trouve, réellement émouvante. Elvis a 42 ans…


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