Machiavélisme et calcul politique
Je parlais de machiavélisme précédemment en faisant référence à Mitterrand, mais je pense que j'avais tors. C'est un mot trop fort en ce qui le concerne, parce qu'il ne pratiquait ni la démagogie, ni le populisme, mais il faisait effectivement des calculs politiques. Or, à une époque ou les communistes français formaient le parti le plus rétrograde du monde occidental, avec Marchais à sa tête, il fallait la jouer très serré pour que la gauche puisse arriver au pouvoir sans que le PC ne ruine tous ses espoirs.
Un machiavélique est un homme sans scrupule qui suit, même s'il ne les a pas lu, les préceptes que Machiavel énonce dans "Le Prince" ; ce même prince à qui il donne des conseils pour avoir et conserver le pouvoir.
Lorsque Mitterrand annonce en 1980 qu'il va abolir la peine de mort avant de se faire élire, il est tout sauf machiavélique. Lorsqu'il combat farouchement Chirac en 1988, il n'est pas non plus machiavélique ; il craint véritablement que cet homme qui n'a de carrure que celle d'un bon commercial prenne la tête du pays. Or, en 1995, Chirac a vendu aux français la "fracture sociale" comme il essaye de vendre des avions aux chinois... Il prend des thèmes racoleurs, n'en pense rien lui-même, mais s'en sert pour gagner le pouvoir.
Si l'expression "fracture sociale" n'avait pas déjà été reprise, Sarkozy s'en servirait allégrement parce qu'il est un homme sans scrupule, pour qui tous les moyens sont bons afin de parvenir au pouvoir. En cela, il est parfaitement machiavélique. Il n'est pas utile d'être très intelligent pour être machiavélique, il suffit de ne pas avoir de scrupule. Sarkozy reprend des thèmes de gauche et des thèmes d'extrème-droite, aidé par un parolier qui avait déjà "oeuvré" pour Chirac en 1995, et se voit déjà dans la peau du Prince. Machiavélique... et pathétique si la France tombait une nouvelle fois aussi bas.
08/03/07 - 09:00
Peu important les opinions politiques, Mitterrant était un homme d'Etat ; Chirac et ses acolytes ne sont que des marchands de tapis... Comme disait Mitterrant, après moi il n'y aura plus que des comptables...
orfeo