David Wojnarowicz est mort du sida en 1992
J'ignore quand il a écrit ce texte et pour qui, mais on peut facilement en imaginer le contexte. J'ignore également de qui est la traduction. Cette photo, au-dessus, est de lui. Elle m'attire aussi, terriblement. Le texte est tout simplement d'une beauté foudroyante.
Quand je pose mes mains sur ton corps, sur ta
chair, je sens l'histoire de ce corps.
Pas seulement le début de sa formation dans ce
lac lointain mais je le sens jusqu'au bout de sa
route et bien après sa fin... (...) L'accord parfait de
ton corps et des courbes de mes mains
m'émerveille.
Si je pouvais unir nos veines pour que nous
puissions chacun devenir l'autre,
je le ferais.
Si je pouvais ouvrir ton corps et me glisser au-
dedans de ta peau et regarder par tes yeux et
fondre pour l'éternité mes lèvres avec les tiennes
je le ferais.
Cela me fait pleurer de sentir ton histoire,
l'histoire de ta chair sous mes mains en ces jours
de désespérance.
Cela me fait pleurer de sentir les mouvements de
ta chair sous mes paumes alors que tu te tournes
vivement sur le côté
créant une succession de gestes pour m'enlacer et
m'attirer plus près de toi.
Tous ces instants se noieront dans le temps
comme les larmes dans la pluie.
20/01/07 - 17:52
"Si j'étais comme toi. Si tu étais comme moi."
-- Paul Celan
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