Dans un geste très "papal", Bayrou nous promet la réconciliation nationale... La réconciliation avec quoi ? avec qui ? Imagine-t-on un instant qu'aux législatives, les électeurs de l'UMP ou ceux du PS dans leur majorité iraient votés pour des députés UDF ?!? Ridicule, ce ne serait pas le cas. Bayrou serait obligatoirement le Président d'une cohabitation qui n'a jamais rien apporté de bon, si ce n'est une déperdition d'énergie au sein de l'exécutif.
Et puis la réconciliation entre qui et qui ? De gens de gauche avec les idées libérales de la droite ? Je rêve ! C'est le degré zéro de la politique et ça n'a aucun intérêt. Ce qu'un ministre de sensibilité de gauche fera, un ministre de sensibilité de droite dans un autre ministère y mettra le frein et inversement, voilà le scénario catastrophe qui pourrait très bien arrivé !
Mais ce n'est pas tout : lorsque Bayrou rappelle que la dette était inférieure à celle d'autres pays à la fin du mandat de Giscard avec Barre aux commandes, il n'est pas honnête... Il parle d'un pays où il n'y avait qu'un million de chômeurs, beaucoup moins de retraités, bref un pays où les caisses étaient pleines ! Mais ils parlent aussi d'un pays où certains collèges, le mien en 1980, étaient dans des états de délabrement extrême !!! (D'ailleurs, il a été démolli deux ans plus tard).
Cette espèce de France idyllique dont il nous parle fleure bon la droite catholique qui respecte l'argent mais tout de même, estime que la charité est une belle chose... Le social devient de la charité, au mépris des vraies valeurs de la République que sont l'égalité et la fraternité.
La France a besoin d'une révolution sociale, telle qu'ont su la faire en leur temps certains états du nord, et ce n'est certainement pas un hasard si Ségolène Royal les cite autant ces derniers temps.
Un argument de poids soulevé par un professeur "de gauche" ce matin (et une femme qui plus est !) : "Bayrou a l'air plus solide"... Celle-là, si elle s'en tenait au programme de l'éducation nationale, ce serait un plus. Enfin, des professeurs cons, stupides, idiots, j'en ai croisé pas mal et je le dis avec du regret ; donc qu'on arrête un peu avec la parole supposée sage de ceux qui dans leur majorité, ne font que restituer un programme tout fait sans talent pédagogique ni même souvent de vocation. Maintenant, qu'on essaye d'alléger une barque trop chargée (trop d'élèves, de violence, etc..), je suis à fond pour ça et qu'on utilise mes impôts pour ça également. Il me paraît que la place que Ségolène Royal fait à l'éducation nationale dans son programme est très prometteuse, donc les gens "de gauche" qui voteront Bayrou n'auront pas d'excuses s'il s'avérait qu'ils réussissent à le faire passer au second tour... Sinon celle d'estimer qu'ils sont devenus tout bonnement des bourgeois de centre-droit, au mieux, qui ont tourné le dos aux valeurs de la gauche.
J’ai regardé un reportage sur la savane africaine et ses fauves. Le documentaire commençait bien ; une lionne qui nourrit ses lionceaux et une voix off qui explique la nécessité pour elle de les mettre à l’abris… pour ne pas qu’ils soient dévorés, y compris par un lion.
Mais elle doit continuer de se nourrir et opter pour la sortie à un moment ou à un autre, opter pour un abandon provisoire. Elle quitte le bosquet où elle a caché ses petits et part à la chasse. Fascinant, comme toujours, la manière qu’à un fauve de s’approcher de sa prochaine victime. Elle rase le sol, avance à petits pas, cachée par les hautes herbes jaunes de la savane et tout à coup elle bondit et s’agrippe au gnou, des griffes puissantes lui transpercent le corps, il gémit et tombe à demi. La lionne plonge alors ses crocs plus avant dans sa chair et il s’écroule, vaincu. Il est encore en vie qu’elle le dévore déjà. On ignore combien de temps passe avant qu’un lion arrive. Il a la suprématie, elle doit s’incliner. C’est toujours le lion qui dévore en premier, inutile de lutter. Elle quitte les lieux pour aller retrouver ses petits.
Lorsqu’elle ressort du bosquet, la voix off nous apprend qu’elle n’y a retrouvé qu’un seul lionceau, les autres ont disparu, dévorés par un lion. Le seul qui lui reste pend entre sa mâchoire, il est sans vie. Elle part dans la savane avec son dernier petit, sans vie, toujours pendu dans sa gueule. Il paraît qu’elle a tenu quelques heures comme ça, avant de le déposer quelque part.
La scène suivante, des léopards, une femelle et ses deux petits mais qui sont déjà grands. Des fauves adolescents. Elle aussi part à la chasse pour les nourrir. Ils la suivent à distance, elle fond sur une petite antilope, encore enfant, et s’en saisit. Elle lui fait mal, la blesse de telle manière qu’elle n’est plus en mesure de s’enfuir, puis elle la ramène à ses petits et la leur livre en pâture. La petite antilope ne parvient plus à tenir sur ses pattes. Les deux jeunes léopards la mordent tour à tour et lui donnent des coups de pattes dès qu’elle fait mine de se relever, puis ils plantent leurs crocs dans ses flancs. Elle crie, un son aigu, elle doit souffrir le martyre, c’est abominable, mais ils ne la tuent pas. Parfois, ils s’éloignent un peu, observent leur mère qui semble encore à l’affût d’une autre proie, puis ils reviennent vers l’antilope dont on aperçoit les tripes à l’air et qui crie toujours. A nouveau, des coups de crocs, ils s’entraînent aussi à l’attraper par le cou pour la traîner sur quelques mètres. Ils font leur apprentissage sur le corps d’une jeune antilope agonisante. Lente agonie, cruelle, sauvage, abjecte.
Un peu plus tard encore, ailleurs dans la savane, c’est un babouin (omnivore !), qui va se tailler la part du lion. Là aussi, une antilope va en faire les frais. Un peu plus âgée que la précédente, elle est saisit par le babouin dans son élan, et les crocs immenses du singe sont plantés dans son corps tandis qu’elle ploie sous son poids. Lorsqu’elle est à terre, il commence à la dévorer, par le ventre, et elle hurle toujours en vie tandis qu’il poursuit sa terrible besogne. Lorsqu’il relève la tête, la chair est à vif, des organes pendent tandis qu’il jette un oeil tranquillement vers d’autres babouins qui l’observent. Elle pousse des hurlements en continue, elle souffre le martyre elle aussi mais elle ne va pas mourir, pas tout de suite. Il va continuer de la dévorer… vivante.
Je pensais que dans le monde sauvage, les choses se faisaient plus « proprement ». Je pensais, assez bêtement, que le monde sauvage était beau alors qu’il est tout simplement et seulement « sauvage ». Je pense que ce qui distingue l’homme de l’animal c’est sa conscience, la conscience de faire mal, de faire du mal. Je pense que nous partageons un peu de cette sauvagerie et que nous sommes encore un peu des animaux. Je pense que c’est pour ça que je ne suis pas heureux.
A la fin du reportage, la voix off a tenu à préciser que cette régulation par la mort était la base d’un bon équilibre entre les espèces… Et si on se passait des fauves et qu’on se contentait de stériliser les antilopes ?… Enfin, c’est juste une suggestion.
Parce que la France n'a pas mérité ça... Certainement pas... Pas un ministre de l'intérieur, ancien ministre des finances qui déclare dans son grand débat avec les français sur TF1 que 50% des français sont au SMIC !!! Mais qu'il est con, putain, qu'il est con... C'est 17%, pas la moitié ! C'est vrai que quant on sort de Neuilly, tout paraît plus pauvre, mais quand même, faut pas pousser !
Et quel programme économique et social on peut attendre d'un mec qui trimballe des conneries pareilles dans sa tête ? Il lit Mickey avant de s'endormir, ou quoi ?
Peut-être Eurodisney ? Enfin, je sais pas.. Je lui cherche un métier...
« Il arrive souvent que les tragédies réelles de la vie se produisent avec une telle gaucherie qu’elles heurtent par leur violence grossière, leur incohérence absolue, leur manque absurde de signification, leur complet défaut de style » - O. Wilde
Oscar Wilde a 38 ans lorsque débute vraiment son histoire avec Alfred Douglas, jeune lord et fils du marquis de Queensberry (homme très riche, ce qui aura son importance lorsqu’il s’agira de persécuter Wilde). Alfred Douglas en a 22. Il semble qu’il soit tombé amoureux rapidement et que cet amour fut réciproque. Il naquit certainement après qu’Alfred appela à l’aide le grand écrivain afin de le sortir d’une fâcheuse affaire de chantage touchant à son homosexualité, ce que fit Wilde à l’aide de son homme de loi et de…100 livres.
Lord Alfred Douglas était le cadet de sa famille et entretenait des relations violentes avec son père, le marquis de Queensberry. C’était un garçon très dissipé, pour ne pas dire plus, et sa propre mère supplia Wilde de la conseiller et de l’aider, sans rien lui cacher de la vanité et des extravagances de son fils.
Son père menaçait continuellement de lui couper les vivres, sachant que ses résultats à Oxford étaient désastreux, et ce fut Wilde qui le suppléa : « Et ses lettres à Douglas de conjuguer bientôt lamentations financières et déclarations d’amour toujours plus enflammées. », nous dit Richard Ellmann, auteur d’une magnifique biographie d’Oscar Wilde écrite en 1984 et dont je m’inspire totalement pour l’ensemble de ce que j’écrirais ici.
Wilde concéda par la suite que Douglas avait au moins la vertu de l’aimer vraiment.
Le cœur de l’affaire de mœurs qui mena Wilde en prison ne réside pas vraiment dans la relation qu’il entretenait avec Bosie (surnom d’Alfred Douglas), mais dans la relation névrotique que ce dernier entretenait avec son père.
A propos de leur homosexualité, R. Ellmann écrit également : « Si Wilde semblait imprudent, Douglas l’était bien davantage. »
Alors qu’il se trouvait encore à l’université d’Oxford, Douglas entreprit de prendre la direction d’une revue littéraire « dans l’intention secrète de faire campagne en faveur de l’homosexualité ».
En 1894, il écrit un poème intitulé Two Loves et qui se termine par un vers célèbre : « Je suis l’amour qui n’ose pas dire son nom » - «I am the love that dare not speak its name ».
Cette volonté d’être poète, de rejoindre le maître, de jouer d’égal à égal avec Wilde malgré son jeune âge perturba certainement le déroulement de leur relation. Tandis que Max Beerbohm (critique et écrivain anglais) le décrivait comme « un très joli reflet d’Oscar », Ellmann nous dit : « Et plus il se croyait digne du nom de poète, moins il supportait le rôle d’étudiant . » Entendez également l’étudiant d’Oscar Wilde.
Beerbohm résume bien le danger que pouvait représenter un garçon comme Bosie pour Wilde, lorsqu’il déclarait qu’il était « manifestement fou » et sous-entendait que c’était d’ailleurs le cas de toute sa famille, et Ellmann d’écrire : « Il voulait être aimé, être traité intellectuellement en égal. Se faire entretenir était pour lui un moyen d’affirmer son emprise sur son ami. »
Un couple moderne ? « Puisque ni Wilde ni Douglas n’attachaient d’importance à la fidélité sexuelle, l’argent était le sceau de leur amour. »
A lire la biographie de Wilde, on a le sentiment qu’Alfred Douglas est surtout le portrait craché de son père qui « aimait se prendre pour un rebelle aristocratique, mis au ban de la société en raison de son iconoclastie. » En fait, le marquis de Queensberry était également légèrement dérangé, comme l’atteste l’un de ses poèmes qui s’efforçait, semble-t-il, de démontrer que l’âme n’est pas distincte du corps et qu’il importait en conséquence « de bien choisir son conjoint pour s’assurer une descendance aussi eugénique que possible… » Intéressant quant on sait que Douglas sera beaucoup plus tard et bien après la mort de Wilde, un traducteur du « Protocole des sages de Sion » et fera de la prison à son tour pour avoir accusé Winston Churchill d’une sorte de collusion avec les juifs, ou de leur être vendu. Mauvais sang ne saurait mentir ?
Détail intéressant, Lady Queensberry obtint le divorce en prouvant que son mari avait pratiqué l’adultère. En terme de moralité, le marquis se posait là !
Seize ans séparaient donc Oscar Wilde d’Alfred Douglas et pourtant ce fut ce dernier qui entraîna Wilde dans la fréquentation de prostitués londoniens. Contrairement aux jeunes femmes, les garçons étaient bien moins des victimes (personne ne les forçaient) que des maîtres chanteur potentiels. Ellmann cite le cas d’un certain Freddy Atkins qui en 1892 n’a pas encore 18 ans mais se trouve déjà être un maître chanteur accompli.
Wilde parlera de cette époque et de ces garçons comme d’un « festin avec les panthères ».
Les relations sexuelles avaient lieu dans des hôtels et il faut bien remarquer que ni Wilde, ni Douglas, ne semblèrent prendre garde au danger que pouvait représenter leur absence de discrétion.
Pour autant, et pour souligner la grandeur d’âme d’Oscar Wilde, on peut citer l’exemple d’Edward Shelley avec qui il entretint une liaison. Lorsque Shelley voulu rompre, gêné par leur relation, Wilde ne chercha pas à le retenir et lui offrit 100 livres pour reprendre ses études. (Ellmann précise que le garçon refusa l’offre… mais continua de compter sur Wilde pour le tirer d’embarras financiers !).
Le 1er vrai danger provint d’un jeune homme de 17 ans, Alfred Wood, que Douglas et Wilde se partagèrent… Au cours de leur relation, Douglas lui donna de vieux vêtements à lui sans prendre garde qu’il y laissait des lettres, des poèmes que Wilde lui avait écrit et dans lequel la nature de leur relation était explicite. Le jeune Wood profita de l’aubaine pour se faire payer par Wilde un voyage en Amérique.
Tout cet aperçu peut donner une image un peu sombre de Wilde. Ellmann écrit à ce sujet : « Il traitait ses éphèbes avec considération et munificence, sans leur faire grief de refuser ses attentions. Quant à lui reprocher de les corrompre, n’étaient-ils pas déjà des prostitués ? La volupté de violer un interdit et la cupidité professionnelle de petites frappes vouées au chantage, à l’extorsion et à la traîtrise avaient peut-être autant de prix pour Wilde que les satisfactions purement sexuelles. »
Il y a du Jean Genêt dans tout ça.
Cela dit, Wilde cultiva également des amitiés amoureuses, tout ne se résumait pas au sexe, loin s’en faut. Il semble simplement qu’il ait su faire rapidement la part des choses et ne pas considérer le sexe comme quelque chose d’honteux.
« La seule différence entre un caprice et une passion éternelle c’est que le caprice dure un peu plus longtemps » - (O. Wilde)
Mauvaise rencontre que celle d’Alfred Douglas ? En amour, on choisit rarement… On peut supposer également que Wilde aimait ses côtés excessifs, ses provocations, et ses velléités artistiques. En matière d’art, cependant, Wilde était exigeant et lorsqu’il accepta que Bosie traduise « Salomé », la pièce qu’il avait écrite en français pour Sarah Bernhardt, Bosie lui livra une traduction avec des erreurs grossières… Ainsi, Ellmann rapporte qu’il traduisit « On ne doit regarder que dans les miroirs » par son contraire : « One must not look at mirrors ». La vanité et la suffisance d’Alfred Douglas se remarquent parfaitement lorsqu’il réplique à Wilde que si sa traduction présente des défauts, ceux-ci proviennent de l’original !
Il n’aurait pas fallu à Wilde un individu de ce type, capable de lui faire prendre des risques inconsidérés au regard de la société dans laquelle il vivait, et dont la légèreté et la fainéantise n’avaient d’égale que sa vanité à égaler le maître.
Wilde se rebella bien souvent, mais le pouvoir d’attraction qu’avait Bosie sur lui ne se démentit pas et les réconciliations succédèrent toujours aux ruptures, même après son emprisonnement.
L’affaire qui conduit Wilde en prison :
Ellmann écrit qu’en 1893, alors qu’il séjourne à Paris, Wilde est invité chez la cantatrice Elma Calvé. Cette dernière a raconté qu’il s’était approché d’elle pour lui confier qu’il était venu avec un poète français qui sortait de prison et lui demanda s’il pouvait entrer. La cantatrice accepta. Il s’agissait de Paul Verlaine. A la demande de Wilde, Verlaine lut un poème sur son séjour en prison…
Prémonitoire ?
Alfred Douglas a 24 ans en 1894. Il revient d’un long séjour à l’étranger durant lequel et à distance, Oscar Wilde a tenté en vain de s’en séparer. Ils déjeunent ensemble dans un café de Londres. Le père de Douglas les surprend ensembles et écrit aussitôt après à son fils de cesser immédiatement toute relation avec Wilde sous peine de le déshériter et de supprimer tout versement d’argent. Il signe : «Votre père prétendu et dégoûté »… Tout un programme.
Douglas lui répond par le télégramme suivant : « Quel drôle de petit bonhomme vous faites. » (Son père mesure 1m73, à peine moins cependant que Douglas).
Le marquis est furieux et lui écrit notamment : « Si je vous surprends encore avec cet homme, je ferai un scandale public dont vous n’avez pas idée. Il y a déjà scandale caché, je préfère qu’il soit manifeste. »
Les dés sont jetés, sans que Wilde n’est en rien interféré dans ces échanges. Il est le prétexte dont se servent un père et son fils entraînés dans une sorte de conflit passionnel et névrotique.
Par la suite, Queensberry se rendit chez Wilde pour l’insulter et le rendre responsable de sa liaison avec son fils, et il continua de persécuter l’écrivain, y compris en public, dans des restaurants ou même en tentant de pénétrer dans les théâtres où des représentations de pièces d’Oscar Wilde avaient lieu. Au lieu de s’en inquiéter et de tout faire pour calmer son père, Douglas s’amusait des menaces qu’il proférait à l’encontre de Wilde. Il écrivit à son père pour le menacer, tout en lui rappelant au passage qu’il était majeur, ce qui n’était pas faux.
Cependant, Ellmann écrit : « Cette dangereuse querelle enivrait Douglas. » Et ce dernier de menacer son père d’un procès où il risquerait 7 ans de travaux forcés pour calomnies… Quant on sait la suite !
Depuis sa prison, Wilde écrivit dans De Profundis : « La perspective d’une bataille dans laquelle vous resteriez à l’abri vous enchantait. »
Au fond, Douglas apparaît toujours tel qu’il était sûrement ; un gosse de riche qui pouvait se permettre toutes sortes d’extravagances, sachant pertinemment que, quoiqu’il lui en coûta, sa famille tacherait toujours de le sortir des ennuis afin d’éviter le scandale qu’une famille de lords ne pouvait se permettre.
A propos des risques qu’il fit prendre à Wilde à cette époque en excitant son père à le poursuivre, Ellmann écrit : « Il exigeait la catastrophe comme un témoignage ultime de l’amour de Wilde ».
En octobre 1894, le fils aîné de Queensberry meurt officiellement dans un accident de chasse… mais on soupçonna généralement un suicide, écrit Ellmann, ajoutant que le défunt redoutait peut-être un chantage concernant des relations qu’il entretenait avec un certain lord Rosebery.
Le marquis a vent de ces rumeurs, ce qui ne fait qu’accentuer sa fureur à l’encontre des relations qu’entretiennent Wilde et son fils cadet.
Le plus effroyable lorsqu’on y songe est qu’Oscar Wilde et Alfred Douglas n’entretenaient plus de relations sexuelles depuis longtemps…
La suite : le marquis laissa une carte au propre club de Wilde sur laquelle il écrivit « A O. Wilde, posant au sodomite ». Dire qu’il « posait » plutôt qu’il ne pratiquait était un conseil avisé de son avocat puisqu’à cette époque il ne détenait pas de preuves formelles indiquant que Wilde avait bien pratiqué… la sodomie. Dire qu’on en était là !
D’abord outré, Wilde compris assez vite qu’il ne serait pas opportun de poursuivre le marquis en diffamation, pour des raisons faciles à comprendre et tandis qu’il arguait le manque d’argent pour un procès, Douglas s’empressa d’indiquer que son autre frère et sa mère seraient ravis de participer financièrement à la chute de son père. Wilde se laissa fléchir et déposa une plainte à l’encontre de Queensberry pour diffamation.
Lors de ce 1er procès, le marquis indiqua au Président qu’il avait écrit cette carte pour précipiter les choses, sauver son fils et qu’il maintenait ce qu’il avait écrit. Le procès étant ajourné, les avocats du marquis en profitèrent pour rallier des preuves à leur cause. Des détectives privés furent engagés et des femmes prostituées, lassées de la concurrence des jeunes hommes, les dénoncèrent et indiquèrent notamment l’endroit où s’échangeait des courriers et où figuraient leurs noms. Il semblerait que les jeunes gens aient été ensuite séquestrés jusqu’à ce que, convaincus par la menace, ils acceptent de témoigner contre Wilde.
Pendant ce temps, il était conseillé à Wilde de trouver un témoin honorable capable de convaincre le juge que Dorian Gray n’était pas un ouvrage immoral… On en était là également.
A ce stade de l’évolution de l’affaire, l’un de ses proches amis, Franck Harris, parvint à convaincre Wilde qu’il n’avait aucune chance face aux preuves (des lettres envoyées par l’écrivain à Bosie et que le marquis avaient enfin en sa possession), et au regard « d’un père qui protégeait son fils. » Il s’agissait donc qu’il parte pour Paris accompagné de sa femme et de ses enfants et de là seulement, qu’il écrive au Time pour se laver de ces accusations. Sur ces entrefaites, Douglas arriva et se mit en colère lorsqu’il compris qu’il s’agissait d’abandonner le procès contre son père dont pourtant seul Wilde assumait les risques, du moins jusque là. Wilde suivit l’avis de Bosie et resta en Angleterre. Le procès eut lieu.
Ellmann indique que le droit anglais exige dans une affaire de diffamation que l’accusé expose sa défense en détail avant le début du procès. Queensberry produisit alors quinze chefs distincts et Wilde se voyait accusé d’avoir proposé à plus de 12 garçons, dont dix étaient nommés, de commettre la sodomie entre 1892 et 1894. Le procès en diffamation se retournait contre lui !
Seul moment plaisant et victorieux de Wilde durant le procès : l’avocat de Queensberry lui reprocha d’avoir écrit des vers tendancieux qui se révélèrent être de Shakespeare… L’avocat s’empourpra, nous dit-on, d’autant qu’il persévéra et lut d’autres vers : « Et je suppose que Shakespeare a écrit cela aussi, Mr Wilde ? » et Wilde répondit : « Pas comme vous l’avez lu, Mr Carson. »
L’immoralité de Dorian Gray figurait bien dans les quinze chefs produits par l’accusé (Queensberry), et l’avocat questionna Wilde à ce sujet :
Carson : L’affection et l’amour du peintre de Dorian Gray ne risquent-ils pas d’amener un individu ordinaire à croire qu’il pourrait avoir une certaine tendance ? »
Wilde : J’ignore tout des appréciations des individus ordinaires. »
Ce n’était pas seulement de l’esprit, mais ça en avait tout de même l’apparence et ce n’était certainement pas le meilleur moyen de convaincre le juge. Un peu plus tard, alors qu’on lui demande si il a embrassé tel garçon, Wilde répond qu’il n’en était pas question puisqu’il était particulièrement laid… Ce qui signifiait implicitement que s’il avait été beau… Wilde, s’adressant à l’avocat, reconnut d’ailleurs : « Vous me blessez, m’insultez et essayez de me démonter ; et parfois je parle avec désinvolture quand je devrais répondre plus sérieusement, je le reconnais. »
Les avocats de Queensberry maintinrent les accusations de ce dernier et demandèrent, approuvé par le juge, si le marquis était fondé à qualifier Wilde de sodomite dans l’intérêt public. Le jury en convint, le marquis fut acquitté et Wilde de plaignant se trouva accusé.
Au terme du second procès, dans lequel il fut livré au jury en compagnie d’un certain Alfred Taylor (reconnu coupable de proxénétisme, puisqu’il organisait les rencontres des jeunes gens avec des clients), ils furent tous deux condamnés à deux ans de travaux forcés.
A l’extérieur du tribunal et à l’annonce de la sentence, des prostituées dansaient de joie parce qu’en condamnant Taylor, on leur retirait un concurrent… Le soir même, on peut imaginer aisément qu’un certain nombre de magistrats, entre autres, se trouvaient entre les cuisses de jeunes filles qui n’avaient certainement pas, elles, la même liberté que ces garçons dévoyés que l’accusation présenta comme des victimes alors qu’ils avaient tout le loisir de pratiquer un autre… métier.
Sur la relation complexe d’Oscar Wilde et d’Alfred Douglas, et sur son refus de fuir à l’étranger pour se sauver de la prison et d’un procès, Richard Ellmann écrit : « Il faut dire à la décharge de Wilde que le risque était impossible à évaluer. La société tolérait beaucoup de choses illégales, et parfois en pleine connaissance de cause. Tolérer l’illégalité ne revenait pas, néanmoins, à l’approuver, et l’atmosphère pouvait changer à tout moment. Wilde sut toujours plus ou moins que son génie ne lui offrait qu’une immunité relative. Mais l’existence à laquelle l’avait initié Alfred Douglas exigeait l’imprudence. Il y avait quelque chose de fascinant à être le rival, le complice et l’objet des amours de l’autre. Partager les risques cimentait leur passion ; la prudence eût été une forme de trahison. »
Tout au long du procès, le marquis de Queensberry s’arrangea pour que le nom de son fils ne soit pas cité. Alfred Douglas ne fut donc pas inquiété.
Quant à Wilde, depuis sa geôle, il écrivit en 1897 « De profundis », une longue lettre à l’attention de Bosie dans laquelle il jugeait durement la conduite du jeune homme tout au long de leur relation, y compris durant son emprisonnement, puisqu’il l’écrivait à quelques mois de sa libération ; mais malgré tous les griefs qu’il mentionnait à son encontre, Wilde terminait tout de même sa très longue missive par l’espoir de renouer avec lui.
Il faut dire qu’entre temps sa faillite personnelle avait été déclarée afin de dédommager le marquis des frais engendrés par le procès et payer d’autres créanciers, sachant par ailleurs que la mère et le frère d’Alfred Douglas n’ont jamais participé aux frais du procès, contrairement à ce qu’avait annoncé Bosie, et que la déchéance de ses droits paternels avaient également été prononcée. Bref, c’est un homme ruiné et seul qui s’apprêtait à sortir de prison.
Il n’y survécut que trois ans et mourut à l’âge de quarante-six ans, dans un hôtel parisien.
Sa prestation à Villepinte était superbe, aux antipodes d’un certain populisme de droite. Le discours était brillamment construit, alternant les propositions avec les engagements et de courts comptes-rendus des débats participatifs.
Elle est tellement incompétente qu’elle ne s’est pas plantée, malgré la pression, durant plus de deux heures. Elle est tellement incompétente qu’elle a su remuer la foule, la calmer, la réveiller, comme tout bon orateur doit savoir le faire. Et pourtant (ce qui n’est pas un défaut de compétence), elle n’est pas très bonne oratrice. Elle est vraie, elle s’engage sur ce chemin difficile de l’honnêteté. Elle a compris ce qu’il en était d’un pays qui n’en peut plus des engagements vides de sens (le « pacte social » de Chirac, piétiné par tous ses Premier-Ministres en est un parfait exemple).
Elle a parlé de l’Europe et du rôle que devra avoir la France pour lui imprimer un nouvel élan avec des garanties sociales plus affirmées, elle a parlé de l’Afrique avec courage et détermination, indiquant que les aides ne devront plus être versées directement à un état (et à un quelconque dictateur local), mais à la population, elle a parlé de l’école en mentionnant qu’il faudra y mettre davantage de personnel d’encadrement mais également, diviser celles qui comptent plus de 600 élèves, apporter aux élèves un soutient scolaire gratuit et apporter davantage d’enseignement de la culture en plus du sport ! Elle a parlé de la banque centrale européenne pour indiquer qu’elle devra se mêler également de la croissance des pays européens, et pas seulement de la stabilité des prix, elle a parlé des petites et moyennes entreprises qu’il faudra aider d’une manière ou d’une autre contrairement aux multinationales pour lesquelles l’impôt sur les sociétés devra pleinement jouer son rôle, elle s’est engagée sur la revalorisation du SMIC et des petites retraites, elle a parlé de la remise en place d’une police de proximité et de la création de plusieurs centaines de milliers d’emplois pour les jeunes et de la garantie pour eux d’avoir une proposition de formation s’ils restent plus de six mois au chômage, elle a également parlé de sécurité avec la mise en place de centres fermés pour les jeunes délinquants, mais aussi de l’égalité des chances avec une plus grande liberté de choix concernant la carte scolaire.
Et j’en oubli quelques autres.
Enfin, elle a commencé par mentionner la dette et le problème du chiffrage de ce programme a également été abordé lors de ce discours, très clairement ; c’est parce que la politique économique de relance créera aussi des rentrées d’argent que ce programme ne sera pas hors de prix. Or, la relance passera par le soutient aux P.M.E. et par la création de centaines de milliers d’emplois utiles. Elle ne passera pas par la précarité à l’anglaise et la paupérisation de toute une frange de la population (au passage, rappelons que l’Irlande, pays où les impôts sur les sociétés est le plus bas, à certes créer beaucoup d’emplois mais le chiffre de paupérisation d’une partie de la population est en pleine explosion ! Et encore… L’Irlande continue de percevoir de l’argent de l’Europe. Quant ce ne sera plus le cas…)
Rien, nulle part, dans aucun discours je n’ai rien entendu d’aussi précis, d’aussi net, pour qu’un pacte social tel qu’il n’existe plus dans ce pays depuis des lustres existe à nouveau !
Problème : le jour même et le lendemain du discours de Sarkozy, on entendait que le discours était très réussi, qu'il avait été applaudi, tandis qu'après le discours de Royal, on ne parlait que du chiffrage de ce programme et subsidiairement, du fait qu'elle avait tout de même réussi cet oral. Trop gentil de le remarquer.
Le problème des sondages est directement lié à la manière dont tous les médias fonctionnent actuellement, positionnés à droite-toute. Le fait même que Sarkozy ait débuté le "grand oral" de TF1 en a fait un précurseur supposé courageux, puisqu'il a accepté d'être le 1er... Les autres sont destinés PAR TF1 à être des seconds. Et les exemples du même acabit sont légions. Le jour même du grand discours de Royal, Sarkozy aurait annoncé qu'il avait la chiasse devant les caméras pour pouvoir monopoliser encore l'attention, tant le degré zéro de la politique est atteint depuis longtemps par ce démagogue populiste. Mais il avait trouvé mieux, un énième discours aussi plat et vaseux que les autres, et relayé à tout va par les médias. Quant à France 2, chaine de service public, elle faisait la part belle à... Bernadette Chirac et le Président lui-même.
Ségolène Royal gagnera peut-être, ça reste tout à fait possible, mais les obstacles commencent à être aussi nombreux que ceux que Mitterrand a du dépasser à une époque (81) où il se présentait avec des alliés communistes bien encombrants (et très démagos également, du moins à l'époque...).
Pourtant, elle reste à la barre et elle ne faiblit pas. Plus ça va et plus j'admire cette femme.
- Oui ?
- J’ai décidé de revenir parce qu’à la dernière séance vous m’avez interrompu. Je n’avais pas fini.
- Une analyse ce n’est pas comme un livre divisé en chapitres, il n’est pas question d’en ouvrir un nouveau à chaque séance. C’est mon rôle de vous interrompre.
- Vous ne le faites peut-être pas au bon moment.
- Soyez plus précis.
- C’est clair. L’autre jour, vous m’avez interrompu alors que je n’avais pas fini, voilà.
- Fini quoi ?
- Ce que j’avais à dire. J’étais lancé sur quelque chose, je ne sais plus exactement quoi mais je le saurais certainement si vous ne m’aviez pas interrompu. En plus, il y avait aussi l’histoire du contrat que nous n’avons toujours pas résolu.
- C’est tout résolu puisque je vous ai expliqué que je fonctionnais comme ça.
- Donc, je n’ai pas le choix ?
- Je vous ai déjà répondu sur cette question.
- Très bien. Je devais voir mon avocat mais je n’ai pas pu le joindre cette semaine. Cela dit et à la réflexion, je n’aurais pas besoin d’un avis juridique. J’ai feuilleté quelques manuels de psychanalyse et je n’ai rien vu qui s’apparente de près ou de loin à un contrat écrit entre un analyste et un analysant.
- Des manuels ? Quels manuels ?
- Des écrits, des essais, si vous préférez. C’est fou ce qu’on écrit à ce sujet, d’ailleurs. J’ai l’impression que certains préfèrent écrire sur l’analyse plutôt que d’en faire une. Remarquez, dans un cas on peut gagner de l’argent et dans l’autre on en perd.
- C’est votre sentiment ?
- Avec ou sans contrat, ça coûte.
- Vous avez le choix.
- Vous aussi. Vous pourriez baisser vos tarifs. Après tout, vous n’êtes pas médecin et d’ailleurs, je ne suis pas malade.
- Personne ne prétend que vous l’êtes.
- Et pour les tarifs ?
- Ne vous éparpillez pas.
- Facile… Qu’est-ce qui se passe si je ne signe pas d’engagement écrit concernant mon analyse ?
- Vous pourrez venir en consultation libre.
- Je croyais que vous ne pratiquiez pas ce genre de consultation ?..
- Je vous ai dis la dernière fois qu’il n’existait pas de forfait-liberté pouvant vous assurer des tarifs préférentiels ou les mêmes avantages que ceux qui ont un contrat, mais vous pouvez venir en consultation libre.
- Je ne vois pas la différence…
- Dans un cas, nos relations sont encadrées par un contrat qui nous oblige l’un et l’autre, tandis que dans la consultation libre, certes vous pouvez vous dégager de l’analyse sans préavis, mais moi aussi.
- Comment ça ?
- Je peux interrompre l’analyse à tout moment.
- C’est ridicule, pourquoi le feriez-vous ? Vous ne pouvez pas vous engager dans le rôle de l’analyste, laissez un patient s’engager dans l’analyse et l’abandonner en cours de route !
- Si. Si aucun engagement écrit n’est signé, je ne vois pas pourquoi je me sentirais obligé d’aller jusqu’au bout alors que je peux très bien avoir un nouveau patient qui, lui, accepterait de s’engager par écrit. Mes créneaux horaires ne sont pas extensibles.
- Excusez-moi mais question déontologie, je ne suis pas sûr que vous soyez dans les clous !
- A mon tour de vous rétorquer que c’est un peu facile. Si votre principale problème consiste à refuser de vous engager dans l’existence, vous êtes justement ici pour en parler. Profitez de ce que vous découvrez de votre positionnement par rapport à moi pour vous interroger.
- Je trouve que vous avez tendance à un peu trop guider vos patients.
- C’est vous qui vous adressez un peu trop directement à moi.
- Je pense qu’entre nous, aucun transfert ne sera possible.
- Ce n’est pas à vous d’en juger.
- A part un transfert de ressources…
- Vous voyez bien, c’est déjà un début.
- … Il me reste combien de temps ?
- Continuez.
- J’aurais besoin de le savoir avant de continuer.
- …
- Bon. Comme je vous l’ai dis, je ne sais plus où j’en étais la dernière fois parce que vous m’avez interrompu.
- Oui ?
- Je vais donc ouvrir un nouveau chapitre.
- …
- Si c’est un problème…
- …
- Je prétends que vous ne pouvez pas interrompre une analyse comme bon vous semble et pour des raisons mercantiles, qui plus est !
- …
- Je prétends que vous ne pouvez pas apprécier un patient qui ne se soumet pas à votre volonté. Et si vous n’appréciez pas le patient… bonjour les dégâts !
- Vous parlez toujours de patient. Vous vous sentez malade ?
- Si j’allais bien, je ne serais pas là. Et si j’ai parlé de transfert tout à l’heure, c’est que je me suis un peu renseigné. Je sais ce qu’est une analyse.
- Mais vous n’acceptez pas l’idée d’un contrat.
- Je n’accepterais pas non plus de signer un contrat nouvelle embauche, le fameux CNE, et pourtant je ne suis pas asocial.
- Qu’entendez-vous par asocial ?
- Quant on vous force à faire quelque chose que vous ne voulez pas faire au nom d’un quelconque… contrat social, justement.
- Pourquoi justement ?
- Parce que. Justement.
- …
- Vous allez me dire qu’on vit les uns avec les autres, et blablabla, et blablabla…
- Je n’ai rien dis.
- Le contrat social, c’est de la foutaise. Et tous les contrats avec ! C’est parce qu’on se méfie les uns des autres qu’on signe des contrats.
- Il vous reste cinq minutes.
- Pardon ?
- Je dis qu’il vous reste cinq minutes. Un peu moins, maintenant.
- Je rêve ! Tout à l’heure, vous refusiez de me dire le temps qu’il me restait !
- Je mène l’analyse comme je l’entends. C’est moi l’analyste, pas vous.
- Tout de même ! C’est comme une interruption, une de plus ! Comment voulez-vous que je m’y retrouves ?… Vous venez de me mettre une pression pas possible et vous voudriez que je reste zen ?
- Je ne vous demande rien, je vous informe, simplement.
- Hum… De toute façon, je n’ai plus rien à dire.
- …
- Il me reste combien de temps, là ?
- Vous voyez bien… Vous demandez que l’on vous dise le temps qu’il vous reste et lorsqu’on vous le dis, vous ne le supportez pas.
- Vous parlez sur mon temps, là. Ce n’est pas juste. Le minimum consisterait à effectuer un décompte du temps de parole de chacun. Vous avez beaucoup parlé, je vous signale.
- Vous voudriez peut-être que je fixe un tarif à la minute aussi ?
- Pourquoi pas ? Au point où nous en sommes…
- Nous continuerons la prochaine fois.
- Ca fait pas cinq minutes !
"Art" de Yasmina Réza... En amitié comme en amour.
C’est une pièce de Yasmina Réza, une pièce exceptionnelle de 1994, et jouée un peu partout dans le monde depuis. J’ai pu la voir diffusée sur France télévision qui en aurait acquis les droits avec dans les rôles : Pierre Vaneck, Fabrice Luchini et Pierre Arditi. Un trio de choc.
J’ai acheté la pièce manuscrite parce que je n’ai jamais cessé de repenser au texte, aux dialogues, avec en tête l’interprétation, évidemment. Je ne sais pas ce que ça peut donner si l’on a pas eu la chance de voir la pièce, dont The Times (Angleterre) a dit qu'elle touchait à l'universel. Gros succès à Broadway également.
C’est l’histoire de trois amis dont l’un d’eux, Serge qui est médecin, a « claqué » 30 000€ (ses économies, il n’est pas millionnaire) pour l’achat d’un tableau blanc (pour certains, et pour d’autres pas vraiment blanc..) d’un artiste contemporain.
L’achat de ce tableau va devenir le prétexte à des sortes de règlements de comptes entre ces trois amis et laisser surgir les frustrations, les jugements intimes, les blessures que chacun d’eux connaît ou a connu au fil du temps concernant cette amitié qui remonte très loin, semble-t-il.
Cette pièce est d’une grande finesse, de bout en bout, et qu’une femme ait pu mettre en scène, en vie, le cœur et les enjeux d’amitiés masculines m’a sidéré. Un extrait (sans l’interprétation, hélas, et qui n’est jamais que l’extrait d’un tout…) :
(Serge est celui qui a acheté le tableau (Luchini l’a joué) et Marc (Pierre Vaneck l’a joué) est celui qui s’est « révolté » contre cet achat :
Serge : Bon, écoute, on ne va pas s’appesantir sur cette œuvre, la vie est brève… Au fait as-tu lu ça ? (Il se saisit de « La Vie heureuse » de Sénèque et le jette sur la table basse juste devant Marc.) Lis-le, chef-d’œuvre.
(Marc prend le livre, l’ouvre et le feuillette.)
Serge : Modernissime. Tu lis ça, tu n’as plus besoin de lire autre chose. Entre le cabinet, l’hôpital, Françoise qui a décrété que je devais voir les enfants tous les week-ends - nouveauté de Françoise, les enfants ont besoin de leur père - je n’ai plus le temps de lire. Je suis obligé d’aller à l’essentiel.
Marc : … Comme en peinture finalement… Où tu as avantageusement éliminé forme et couleur. Ces deux scories.
Serge : Oui… Encore que je puisse aussi apprécier une peinture figurative. Par exemple ton hypo-flamand. Très agréable.
Marc : Qu’est-ce qu’il a de flamand ? C’est une vue de Carcassonne.
Serge : Oui, mais enfin… il a un petit goût flamand… la fenêtre, la vue, le… peu importe, il est très joli.
Marc : Il ne vaut rien, tu sais.
Serge : Ca, on s’en fout !… D’ailleurs, Dieu seul sait combien vaudra un jour l’Antrios !…
Marc :… Tu sais, j’ai réfléchi. J’ai réfléchi et j’ai changé de point de vue. L’autre jour en conduisant dans Paris, je pensais à toi et je me suis dit : Est-ce qu’il n’y a pas, au fond, une véritable poésie dans l’acte de Serge ?… Est-ce que s’être livré à cet achat incohérent n’est pas un acte hautement poétique ?
Serge : Comme tu es doux aujourd’hui ! Je ne te reconnais pas. Tu as pris un petit ton suave, subalterne, qui ne te va pas du tout d’ailleurs.
Marc : Non, non, je t’assure, je fais amende honorable.
Serge : Amende honorable pourquoi ?
Marc : Je suis trop épidermique, je suis trop nerveux, je vois les choses au premier degré…Je manque de sagesse, si tu veux.
Serge : Lis Sénèque.
Marc : Tiens. Tu vois, par exemple là, tu me dis « lis Sénèque » et ça pourrait m’exaspérer. Je serais capable d’être exaspéré par le fait que toi, dans cette conversation, tu me dises « lis Sénèque ». C’est absurde !
Serge : Non. Non, ce n’est pas absurde.
Marc : Ah bon ?!
Serge : Non, parce que tu crois déceler…
Marc : Je n’ai pas dit que j’étais exaspéré…
Serge : Tu as dis que tu pourrais…
Marc : Oui, oui, que je pourrais…
Serge : Que tu pourrais être exaspéré, et je le comprends. Parce que dans le « lis Sénèque », tu crois déceler une suffisance de ma part. Tu me dis que tu manques de sagesse et moi je te réponds « lis Sénèque », c’est odieux !
Marc : N’est-ce pas !
Serge : Ceci dit, c’est vrai que tu manques de sagesse, car je n’ai pas dit « lis Sénèque » mais « lis Sénèque » !
Marc : C’est juste. C’est juste.
Serge : En fait, tu manques d’humour, tout bêtement.
Marc : Sûrement.
Serge : Tu manque d’humour, Marc. Tu manques d’humour pour de vrai mon vieux. On est tombé d’accord là-dessus avec Yvan l’autre jour, tu manques d’humour. Qu’est-ce qu’il fout celui-là ? Incapable d’être à l’heure, c’est infernal ! On a raté la séance !
Marc : … Yvan trouve que je manque d’humour ?…
Serge : Yvan dit comme moi, que ces derniers temps tu manques un peu d’humour.
Marc : La dernière fois que vous vous êtes vus, Yvan t’a dit qu’il aimait beaucoup ton tableau et que je manquais d’humour…
Voilà pour l’extrait. Le pauvre Yvan va voir ses deux amis se réconcilier provisoirement sur son dos…
Plus loin, Marc essaye d’expliquer ce qu’il ressent et reproche à Serge dans un monologue :
Marc : Serait-ce l’Antrios, l’achat de l’Antrios ?… Non, le mal vient de plus loin… Il vient très précisément de ce jour où tu as prononcé, sans humour, parlant d’un objet d’art, le mot « déconstruction ». Ce n’est pas tant le terme de déconstruction qui m’a bouleversé que la gravité avec laquelle tu l’as proféré. Tu as dit sérieusement, sans distance, sans un soupçon d’ironie, le mot « déconstruction », toi, mon ami. Ne sachant comment affronter cette situation j’ai lancé que je devenais misanthrope et tu m’as rétorqué, mais qui es-tu ? D’où parles-tu ?… D’où es-tu en mesure de t’exclure des autres ? m’a rétorqué Serge de la manière la plus infernale. Et la plus inattendue de sa part… Qui es-tu mon petit Marc pour t’estimer supérieur ?…Ce jour-là, j’aurais dû lui envoyer mon poing dans la gueule. Et lorsqu’il aurait été gisant au sol, moitié mort, lui dire, et toi, qui es-tu comme ami, quelle sorte d’ami es-tu Serge, qui n’estime pas son ami supérieur ? »
Pierre Vaneck (qui a joué Marc)
C’est fort, c’est brutal, c’est masculin, et peut-être qu’une femme est en capacité de l’écrire parce que l’amitié masculine et l’amitié féminine ne changent que sur la forme alors que sur le fond, il existe toujours un certain nombre d’enjeux derrière chaque lien amical qui se noue et comme en amour, les connaître dès le début vaudrait peut-être mieux.
A l’heure où s’annonce le programme de Ségolène Royal, dont on voit déjà ici et là les propositions concrètes, j’ai envie de revenir sur le choix du candidat.
Je lisais dans des commentaires qu’elle n’avait été choisie que pour son image, c’est très court, réducteur, et assez faux. Elle n’est pas une inconnue aux yeux des français. Pour preuve : j’écoutais un sketch de Guy Bedos dernièrement, datant de 1992, et dans lequel il regrettait avec amertume que sa femme n’ait pas l’envergure de Ségolène Royal… On est en 1992 !
Elle est entrée dans l’imaginaire collectif par ses nombreuses prises de position en tant que ministre, même lorsqu’elle n’était que Ministre déléguée. Des prises de position en faveur des plus faibles, handicapés, enfants maltraités, et autres cas de la sorte, non par obsession mais parce qu’elle était ministre des affaires familiales. Elle le faisait avec fermeté et se battait vraiment pour faire exister ses propositions et proposer des lois.
C’est ainsi qu’avec le temps, et depuis 15 ans, Ségolène Royal a représenté peu à peu une femme qui savait être ferme sans se masculiniser jusqu’à la caricature, qui savait s’affirmer et affirmer ses prises de position quitte à ne pas toujours se prêter au jeu de la popularité, et enfin, elle est celle qui a battu un Premier-Ministre en exercice, (le sieur Raffarin) en devenant Présidente de région.
Alors oui, il y a beaucoup de misogynie derrière nombre des critiques qui lui sont adressées, beaucoup de machisme. On refuse parfois de se souvenir de ce parcours, de cette réalité d’une omniprésence dans l’esprit des français qui s’est naturellement traduite par des sondages très positifs pour elle en 2006. Les français n’y pensaient pas « naturellement », mais dès qu’on leur soumettait ce choix, ils répondaient majoritairement par l’affirmative. Parce qu’ils la connaissent et savent qu’elle a le potentiel.
Je n’ai pas adhéré au PS en 2006, alors que l’idée de participer au choix du candidat (pour qui je savais que je voterais de toute façon), me plaisait. Je me demande pourquoi et je me réponds : parce qu’au fond, elle, Strauss-Khan ou Fabius, de toutes les manières à gauche comme à droite et au centre, aucune personnalité politique française n’a en ce début du 21eme siècle l’envergure d’un de Gaulle ou d’un Mitterrand, d’un Jaurès ou d’un Clémenceau. C’est ainsi, et ce n’est pas dramatique. Je savais que je voterais pour un programme à dominante socialiste et pour une équipe de gauche, de toutes les façons, quel que soit le candidat du PS.
J’ai souhaité que les militants votent pour elle parce que je savais qu’elle a le potentiel pour de vrais changements. Elle ne s’inscrit pas dans un débat d’idées populistes, de la façon dont l’a fait Fabius dans un revirement dont il est naturel de se méfier, vu le parcours, et elle ne s’inscrit pas non plus directement dans un état d’esprit social-démocrate à la façon d’un Strauss-Khan dont la politique trop mesurée n’aurait pas répondu à l’attente des plus défavorisés et n’aurait pas répondu aux réformes nécessaires dans le pays.
Elle, elle a ce potentiel de réussite indispensable pour qui veut garder espoir en une France plus juste pour les plus défavorisés, les plus modestes et les plus faibles, mais plus prospère également avec en ligne de mire une très forte réduction du chômage dans ce pays.
Contrairement à Sarkozy, elle ne le fera pas suivant la manière de Blair, mais elle a raison de ne pas s’interdire d’y regarder de plus près. Alors elle voit, ce que l’on est nombreux à voir, qu’il n’est pas souhaitable de transposer ce modèle en France, (contrairement à ce que fera Sarkozy), mais qu’il peut être utile de s’inspirer de telle ou telle mesure au nom d’un pragmatisme efficace et non démagogique.
Il m’apparaît qu’elle n’est pas adepte des idées toutes faites. D’où cette référence à Blair, à une époque, qui signifie simplement « regardons de plus près et discutons-en », quant Sarkozy dit « j’ai regarder de près, il m’a convaincu ». D’où même cette référence à la justice chinoise qui jugent les affaires plus rapidement en Chine ; elle parlait de droit des affaires et pas en matière pénale, évidemment. C’était malencontreux au regard notamment de la peine de mort si présente dans ce pays, mais que n’aurait-on dit si elle avait critiqué en Chine même le modèle chinois, créant un gros incident diplomatique… On aurait dit qu’elle était irresponsable et indigne de diriger notre pays.
Pourtant, lorsque Sarkozy va aux USA et salut bien bas le Président Bush, si impopulaire aux yeux des français, si insultant à l’égard de la France (il y a peu d’années de cela), si incompétent dans les affaires du monde, on omet de remarquer à quel point l’attitude du candidat de l’UMP est indigne d’un candidat à la présidence française, irresponsable (alors même que Bush est rejeté par une majorité d’américains), et l’on oubli très vite.
Ségolène Royal cherche à sortir et sort d’un pré-formatage dans lequel sa formation d’énarque l’avait placé au départ.
Elle ne cherche pas à être populiste, comme d’autres, pour gagner plus rapidement, mais à être populaire pour gagner ; parce que faire gagner son camps et faire triompher ses idées, c’est effectivement tout l’enjeu pour un personnage politique.
Elle a enfin cet handicap, être une femme. En aucun cas cela ne se transforme pour elle en qualité car l’idée est bien trop ancrée dans l’esprit de chacun : femme = mère au foyer, ménagère, et on dit plus facilement « femme de ménage » et « homme d’état ». Tout simplement, et s’est ancré profondément.
Elle va révolutionner cette image, ce carcan pitoyable (pensons un peu à nos mères ! Si certaines sont des garces, comme certains père sont des gros salauds, celles qui méritent notre tendresse auraient méritées pour la plupart de bien plus belles carrières professionnelles…). Mais la révolution fait peur, en même temps qu’elle attire. De même, la féminité inquiète, en même temps qu’elle attire. La révolution c’est le contraire de la stabilité en politique, et l’image que nous avons de la féminité est celle d’une espèce de sentimentalité forcément instable, tandis que l’homme supposerait une infaillible stabilité. (Sauf que Sarkozy s’effondre, le pôvre, quant sa donzelle met les voiles, et Mitterrand court à corps perdu à travers le globe pour trouver des réponses sur Dieu, l’existence… alors qu’il est en charge de la présidence de la république).
La France est encore empêtrée dans son idée du « grand homme » pour conduire sa destiné, sans prendre en compte les réalités bien réelles : ils sont très rares et pas toujours les meilleurs dans la pratique. Un « grand homme » est nécessaire lorsque le pays traverse une crise véritablement dramatique : Clémenceau en 14-18, de Gaulle en 40 ou pour la guerre d’Algérie, par exemple. En France, l’état du pays est plutôt grave mais nous ne sommes pas dans ce type de situation si dramatique que seul un « grand homme » pourrait nous aider à en sortir. Serait-ce le cas que de toute manière, nous ne l’avons pas à portée de vue.
Sarkozy pali son absence de charisme par un populisme à tout va, empruntant même de façon ridicule un pseudo-langage populaire : « Mais m’sieurs-dames, la France c’est pas ça… », « vous voulez qu’on vous débarrasse de la racaille ? », et autres turpitudes langagières évidemment indignes de la présidence de la république. Il est vrai qu’avec Chirac, on s’est habitué à une certaine médiocrité, mais Chirac au moins avait le souci d’une indépendance de la France que Sarkozy n’aura pas : l’ancien ministre des finances serait un Président de choix pour la finance internationale, mais certainement pas pour la France.
Ainsi, Ségolène Royal a du franchir et doit encore franchir un certain nombre d’obstacles, mais jusqu’à présent elle s’en sort bien au regard de l’ampleur du travail à accomplir et malgré un traitement médiatique parfois très douteux d’elle-même et de sa candidature.
Il est évident qu’elle a la carrure, sinon elle ne serait pas là où elle est aujourd’hui, dans une position qui dépasse largement un simple engouement subit des français qui dateraient seulement de 2006, et il est évident qu’elle a l’envergure parce qu’elle a su imposer sa propre méthode pour mener sa campagne et qu’elle le fait sans état d’âme, par souci d’efficacité autant que par cohérence ; vous voulez le changement ? on commence déjà par faire une campagne politique différente… Vous voulez le changement, oui ou non ? Avant de la critiquer, posez-vous déjà la question.
Sarkozy n’a même pas importé la méthode américaine en France ; il la reprend de Chirac, évidemment, qui l’a fait dès 1980. Il doit regretter de ne pas avoir FOX TV derrière lui, mais il a quand même TF1.
Le PS est en mouvement, Ségolène Royal assume sa position de leader, après cinq ans de droite marqué par un déclin économique et social continu et des manifestations accompagnées de combats de rue sans précédent depuis très longtemps.
Je souhaite qu’elle soit Présidente, parce que je souhaite le changement, davantage de justice sociale, d’opportunités mais aussi de sécurité pour les plus jeunes et les chômeurs de tous âges, et pour que la France propose un autre modèle en Europe aux pays de l’Est que le modèle anglais.
Une dernière chose concernant les femmes : j’ai beaucoup travaillé avec des femmes et parfois sous leur autorité, et je pense simplement qu’elles valent ni plus, ni moins que les hommes.
Ségolène Royal n’est pas la meilleure parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle est la meilleure de tous les candidats présidentiables en lice.
C’est comme ça parfois, on ne sait pas pourquoi… Bien-sûr, c’est mon Batman préféré (« Batman Returns » de Tim Burton), mais pourquoi ce titre m’a-t-il électrisé ? Enfin retrouvé, je vous le fais entendre.
La scène se situe vers la fin du film : un bal et nos deux protagonistes (Michael Keaton et Michelle Pfeiffer « en civil ») qui dansent sur cette musique ; ils se découvrent mutuellement, comprennent qui ils sont, ce qu’ils sont et le son monte et descend…
- J’avais très mal à la tête la semaine dernière et à présent, je sais pas… Mal au cœur, mal au corps…
- Bon, on continuera la prochaine fois. Vingt euros.
- On avait dit quinze…
- Non, on avait dit vingt.
- Ah non, c’était quinze.
- Ca a toujours été vingt, et pour tout le monde.
- Bon. De toute façon, je ne sais pas si je vais continuer avec vous. Je dois voir mon avocat cet après-midi. Il semblerait que me faire signer un engagement sur douze mois pour une analyse ne soit pas du tout légal.
- Je ne vois pas en quoi ce serait illégal, aucun texte ne l’interdit.
- Enfin, quand même… Pourquoi pas vingt-quatre ou quarante-huit mois, tant qu’on y est ?
- Mais les plus motivés signent des contrats de très longue durée, tout à fait. J’ai deux contrats en cours de soixante-douze mois.
- Et s’ils meurent en cours de route, qu’est-ce qui se passe ? La famille continue de payer ?
- La famille ne continue pas de payer, je ne suis pas un escroc ! Le préavis part de leur décès et si je fais valoir mes droits, il me revient l’équivalent de deux mois de séances sur la part d’héritage que les héritiers se partagent et ce, par année non effectuée. Si vous voulez, il y a l’indemnisation du préavis légal, prévue dans le contrat, et il y a également l’indemnisation pour le préjudice subit. Dès lors que le patient s’était engagé sur 4 ans, s’il n’en effectue que deux… Vous voyez le manque à gagner.
- C’est tout à fait morbide.
- C’est la vie.
- Et si je refuse de signer ?
- Pas d’analyse. Je ne travaille que par contrat.
- Le contrat morale ne vous suffit pas ?
- Je ne suis pas né de la dernière pluie. J’en ai marre de m’engager pour des patients qui vont et viennent et disparaissent sans laisser d’adresse… ça me gonfle. Et puis j’ai des engagements moi aussi. Lorsque vous achetez un coupon de carte orange mensuel, si vous partez en cours de mois en province et ne revenez pas, la RATP ne va pas vous rembourser les jours non utilisés, non ?
- Freud n’a jamais parlé d’engagement écrit.
- Freud ne vivait pas à une époque où le moindre engagement est contractuel, au mois ou à l’année. Personnellement, je ne compte plus les engagements qu’on m’a fait signer. Vingt-quatre mois avec tel opérateur internet et pour une liaison merdique, douze avec tel autre pour la téléphonie, un troisième de trente-six mois pour la télévision, et j’en passe !
- Vous n’êtes pas obligé de signer non plus…
- C’est ça. Un forfait liberté surfacturé, c’est ce que vous me conseillez ?
- Si j’accepte de payer vingt euros, je peux aussi considérer que c’est de la surfacturation ! C’est donc un forfait liberté et je demande que le contrat soit rédigé en ce sens, sans engagement de durée.
- Je ne pratique pas de forfait liberté. D’ailleurs, un patient n’est jamais libre. Ce serait une illusion de le croire et un mensonge de vous le laisser penser. Si vous étiez libre, si vous vous sentiez libre, vous ne seriez pas ici.
- Raison de plus pour ne pas m’enfermer un peu plus avec un contrat…
- C’est pour votre bien ! Pourquoi vous retournez travailler jour après jour ? Parce que vous avez signé un contrat ! Vous savez très bien que l’entreprise demandera une indemnisation si vous la quittez sans respecter de préavis. Idem pour l’assurance chômage. Vous n’avez rien signé mais c’est comme si. Vous cotisez mais le contrat est clair ; si vous démissionnez, vous devenez chômeur de votre propre fait et vous ne toucherez pas d’allocation. C’est comme ça. La vie est comme ça, la société fonctionne comme ça.
- C’est dur.
- A vous écouter, je pense que vous devriez signer un contrat de soixante-douze mois au moins, d’emblée. Vous me paraissez complètement à côté de la plaque… Et puis c’est quoi cette histoire d’avocat ? Vous rechignez à payer 5 euros de plus et vous vous payez un avocat ?
- Je ne paye pas, c’est un amant. Enfin si, je paye, mais en nature.
- Je vois. Et c’est combien la consultation ? Une pipe ? Deux pipes ?
- Heu… C’est à dire que, n’étant plus couché sur le divan, là, je me vois mal répondre à une question de ce genre.
- Si vous avez honte, c’est votre problème, moi je ne fais que m’intéresser à votre cas. C’est mon métier.
INSPIRATION : LE BLOG D'afb79 (attention, ce n'est pas un règlement de compte et sa façon d'aborder les sujets me plaît plutôt), MAIS :
C’est fascinant pour moi que de rencontrer un esprit, beaucoup plus jeune que le mien et dont la sensibilité affirmée est de droite, brandir des critiques qui peuvent être les miennes à l’occasion, alors que je suis de gauche.
On me répondra peut-être : c’est normal, la réponse est au centre ! rejoignez-vous et nous au centre ! (Au « centre-mou », oui …).
Non, la réponse n’est pas là. Le problème est dans le diagnostic et dans la manière de le poser, d’une part, et dans la réponse que l’on peut lui apporter d’autre part (« malade imaginaire » ou pas… ).
Lorsque afb79 déclare n’attendre de critiques à ses propos que de ceux qui se sont réellement engagés dans la politique, ne serait-ce que localement, bref qui ont fait acte de citoyenneté, il ne peut prétendre connaître le passé de tous ceux qui commentent son blog. (Je n’en fais pas partie, n’ayant encore laissé aucun commentaire). Pour autant, je prends la défense de ces commentateurs parce que j’ignore moi-même quelle est leur activité au quotidien et ce qu’elle fut par le passé. Il fustige ceux qui se contenteraient de prendre une carte dans un parti : mais c’est déjà pas mal que de le faire. Je suis moi-même adhérent à un syndicat, et s’il me déçoit parfois, je sais que mon adhésion fait vivre des militants, des experts, parfois exclus du monde de l’entreprise privé parce qu’ils se sont trop engagés dans la lutte contre les abus du patronat. Est-ce qu’il y a des « profiteurs » parmi ces gens ? Certainement. Il y en a parmi les allocataires d’ASSEDIC, parmi les RMIstes, parmi les allocataires de l’assurance maladie, et ensuite ? On supprime tout parce qu’une minorité en profite à mauvais escient ? Ce n’est évidemment pas mon avis.
Par contre, on peut remarquer qu’il est peut-être plus difficile d’accepter de donner 10 ou 15 euros par mois à un syndicat que de se précipiter dans une mairie pour donner SON avis, et essayer d’imposer SA vision des choses… Contrairement aux resto du cœur où il est plus louable d’aller donner de son temps le soir, sous des tentes, pour servir des repas, la présence à des conseils municipaux ne me paraît pas un engagement de même valeur, parce qu’il ne réclame pas le même effort et peut même aller dans le sens d’intérêts strictement personnel.
Elu dans mon entreprise, j’ai pu constater chez de nouveaux arrivants à quel point la seule optique de leur « engagement » consistait à défendre les intérêts de leur propre service…
Je ne dis pas qu’afb79 s’engage dans un Conseil Municipal en espérant que tous les crédits accordés par la Mairie convergeront vers le seul quartier où il vit, mais je dis que son engagement à lui seul ne saurait nous garantir le contraire.
Afb79 nous parle aussi de la nécessité de supprimer l’ANPE (créée par J. Chirac), sous un gouvernement de droite. Je l’ai toujours entendu critiquée et il est vrai qu’entre 20 et 30 ans, de 1986 à 1996, l’ANPE ne m’a jamais rien proposé de valable alors que j’y retournais souvent, ne décrochant pas de CDI. Je sais aussi qu’il existe DEUX ANPE. Celle des employés et celle des cadres… Je sais qu’il y a quelques années, les photocopies étaient gratuites à l’APEC (ANPE des cadres) et qu’on ne trouvait pas de photocopieuses dans celle des employés… Je sais que les uns bénéficiaient d’ordinateurs et pas les autres. Alors que les allocations pour les cadres sont nettement supérieures à celle des employés ! Peut-être même que les possibilités de formation étaient plus grandes d’un côté que de l’autre.
Bref, je peux rejoindre afb79 sur ses critiques et pourquoi pas la suppression de l’ANPE ? Ce sont des discours qui peuvent aussi se tenir à gauche, il n’est pas besoin de rejoindre l’UMP pour ça, et pourquoi ? Parce que tout simplement, on parle de « vision de société ». Parce que tout simplement « être de gauche » c’est vouloir la solidarité entre les riches et les pauvres, c’est vouloir essayer, autant que faire se peut, de compenser les inégalités entre ceux qui ont bénéficiés de chances et d’opportunités que d’autres n’ont pas eu (et ce, tout au long de la vie), c’est vouloir que l’on soit tous égaux devant les possibilités de se soigner lorsque l’on est malade et accompagnés lorsque l’on est gravement atteint, c’est tout simplement aller au delà du « t’as qu’à vouloir et faire pour avoir » !
Le « t’as qu’à vouloir et faire pour avoir », c’est la droite. C’est la pensée de droite. C’est la prime au plus travailleur ? Pour une toute petite part, mais toute petite et c’est même pas toujours le cas. La plus grande part des fortunes se bâtie dans l’illégalité, la corruption et les menaces en tout genre. On connaît les fortunés du BTP, et on sait comment ils le sont devenus, on connaît nos plus grandes fortunes actuelles et comment elles se sont bâties : en dépeçant des entreprises où oeuvraient de vrais travailleurs pour n’en tirer que ce qui « matériellement » pouvait représenter un profit, et tirer de gros bénéfices de ces reventes. Un cadre qui est devenu celui des fonds de pension américains, notamment. (Entre autre activité pourrie, parce qu’ils en pratiquent beaucoup dans le genre.)
Ce sont aussi des ingénieurs, ou de grands bâtisseurs, dans l’aéronautique et l’informatique par exemple : mais dans un cas, on construit des avions de chasse sans être regardant lorsqu’il s’agit de les vendre, quitte à ce que les bombes que ces avions transportent finissent par tomber sur des populations innocentes, et dans l’autre cas, on (ce cher Bill Gates) finit par bâtir un système de monopole qui laisse entrevoir un monde entier sous le contrôle d’un seul homme ou d’une seule organisation…
Berlusconi est l’homme le plus riche d’Italie avant que d’avoir été chef de gouvernement. Il était de droite, naturellement. Il prônait la réussite, à son instar, mais laquelle ? Celle qui n’est gouvernée que par l’absence de scrupules et dont les rouages sont parfaitement lisibles pour qui lit « Le Prince » de Machiavel. Un homme médiocre dont l’absence totale de scrupule et l’envie de TOUT s’accaparer étaient plus fortes que chez les autres citoyens. C’est un homme de droite et qui se revendique comme tel.
Oui, devenir très riche correspond souvent à se montrer machiavélique. Tout simplement. Ce n’est pas le plus travailleur, ce n’est pas le plus « méritant », c’est le plus fort à un jeu où ceux qui s’embarrassent de scrupules, d’une quelconque déontologie, d’une quelconque humanité, ne pourront pas, ne pourront jamais gagner. Dès lors que les règles du jeu ne sont pas respectées, à quoi bon jouer ? Les règles du jeu capitaliste ne sont pas respectées ou peut-êtres ne peuvent-elles pas l’être parce qu’un monstre n’engendre jamais qu’un monstre ? Je me pose la question.
Je ne suis pas méfiant des « riches » par jalousie, je n’ai pas peur d’eux parce que je me sens plus faible intellectuellement, j’ai peur de leurs moyens parce que je sais qu’ils peuvent TOUT acheter, y compris le pauvre petit lopin de terre sur lequel mon droit de vivre (continuera-t-on à me le reconnaître ?) essaye de s’épanouir (ou de survivre) tant bien que mal. Parce que je sais également qu’ils peuvent ACHETER L’EXCLUSION. Dans certaines régions, un syndicaliste un peu trop turbulent se voit fermer les portes de toutes les entreprises environnantes après avoir été licencié. Les patrons parlent entre eux… Et se reconnaissent le droit à l’EXCLUSION d’un univers économique tout entier. Et si l’ex-syndicaliste (ou simplement délégué du personnel avant tout), veut créer sa propre entreprise, avec qui pourra-t-il commercer ? Ou passera alors le droit à la libre création d’entreprise chère à la droite ?
Alors face à ça, oui, il y a tout ce que l’état peut et doit mettre en place pour nous protéger. Face aux intérêts des industries pharmaceutiques, le droit à la santé doit pouvoir s’exercer au travers d’un certain contrôle et grâce à la solidarité nationale (et internationale !). Et c’est un homme de gauche, Pierre Laroque, apparenté socialiste qui, en 1944, œuvre pour la mise en place de la Sécurité Sociale.
Face à la main-mise du capitalisme sous toutes ses formes, (patrons, actionnaires), le droit des salariés à pouvoir garder une dignité physique et morale doit être garanti par l’état, et c’est le code du travail. Son existence ne tient qu’aux longs combats de syndicalistes et aux hommes politique de gauche de la IIIeme république.
Face à la précarité, au chômage, aux impossibilités que chacun peut connaître de s’investir à un moment donné de son existence dans telle ou telle activité, un revenu minimum de survie ( !) doit exister. C’est la gauche qui l’a instauré, même s’il est imparfait, il a le mérite d’avoir été créé.
Face à la nécessité de travailler, le droit à un repos annuel doit exister. C’est la gauche qui l’a instauré.
Tout cela peut et doit peut-être être réformé, mais encore fallait-il le créer ! Ce n’est jamais la droite qui le fait.
Le « t’as qu’à vouloir et faire pour avoir » va naturellement séduire celui qui « en veut », qui pense qu’il est brillant (et il l’est peut-être), qu’il a plus de talent que d’autres (et c’est peut-être vrai), mais s’il échoue dans son entreprise, s’il traverse une phase de dépression où plus rien ne lui est possible, s’il perd un proche et ne retrouve plus les ressources en lui pour se battre dans l’univers quotidien du « plus méritant », que lui reste-t-il ? Que lui restera-t-il ? Tout ne reposera plus alors que sur les économies qui auront pu être faites, et sur l’absence ou la présence de crédit. Et il ne suffit pas toujours de revendre son appartement en catastrophe pour pouvoir rembourser un crédit immobilier…
Le « t’as qu’à vouloir et faire pour avoir » n’a que faire des plus faibles, y compris de ceux qui le sont momentanément. Il reste et demeure la loi du plus fort sur le plus faible.
Le plus fort n’est pas nécessairement le plus intelligent ou le plus doué, mais certainement le plus malin et le moins scrupuleux.
Voilà pourquoi je reste à gauche et je prétend que les critiques d’afb79, parfois non dénuées de fondement, ne changent rien et ne peuvent rien changer à cette appartenance. On appartient pas à un parti mais à un état d’esprit.
Mon état d’esprit est celui d’un homme qui souhaite une société où l’être humain est davantage respecté, où l’égalité des chances est appréhendée concrètement, où les « plus forts » soutiennent « les plus faibles ».
On me répondra que la gauche au pouvoir n’a pas fait ci, n’a pas fait ça, ou a fait ci ou à fait ça, et ce sera vrai (bien qu’à vérifier dans le détail !), mais elle a surtout fait les grandes mesures qui changent une société, valablement et durablement : congés payés, salaire minimum, décentralisation (face à l’absurdité d’une centralisation au niveau de l’Etat qui ne prend pas en compte les particularités des régions), RMI, SMU, emploi jeune (nettement plus protecteur, efficace et durable que le CPE), et c’est aussi davantage d’argent pour toutes sortes d’associations qui maintiennent le lien social, oeuvrent concrètement à la solidarité entre tous les citoyens, et c’est encore l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité, le PACS, (rien que ça devrait vous suffire, bande d’homos à la manque !!)…
Le code du travail, création de gouvernements de gauche, suite à des combats de gauche, est un excellent exemple de ce qui peut être réformé dans ce qu’il a de plus absurde (illisibilité manifeste de beaucoup de textes avec une jurisprudence toujours plus dense qui se transforment en conflits prudhommaux beaucoup trop nombreux et trop longs à être jugés), mais le « nettoyage » doit être fait par des gens de gauche parce qu’ils sont en accords avec les principes qui en sont à la source et non pas avec la droite qui dans son très gros noyau dur, ne supporte pas l’idée que « les plus faibles » puissent s’opposer, même avec raison, « aux plus forts » : patron, directeur, chefs en tout genre.
Les retraites de la SNCF sont abusives ? tout dépend si l’on est conducteur ou si l’on travaille dans les bureaux, mais de toute façon, ces quelques régimes ne coûtent que très peu au regard de l’ensemble. Ce n’était pas abusif à la base, on pensait simplement dans ces années des trente glorieuses que c’était précurseur. Le monde a changé, la mondialisation et son long cortège de très pauvres est là, les difficultés économiques, la concurrence, le fait de vivre vieux, très bien : réformons ce qui doit l’être afin de maintenir un système de retraite qui ne fasse pas appel à des fonds de pension sans scrupules. Mais ne réformons pas avec des gens de droite qui, pour le plus gros noyau dur qui le forme, pense que celui qui n’a pas su être ou devenir riche est fatalement quelqu’un qui est voué à être exploité et à travailler. On pourrait aussi résumer cette pensée ainsi : on ne donne pas du caviar à des cochons, ils ne sauraient l’apprécier. Donc, on ne donne pas des retraites longues à des gens qui la passeront devant leur télé… Et puis, on ne donne pas des retraites suffisantes à des gens qui ont toujours su faire avec le SMIC ou à peine plus. S’ils se sont contentés de ça, c’est qu’il ne méritait pas mieux, n’est-ce pas ? C’EST LE FOND D UNE PENSEE DE DROITE.
J’ai eu des gens de droite dans mon entourage, j’en ai côtoyé et j’en côtoie encore. Je parle du fond de la pensée. Je parle de ce qui fonde un état d’esprit qui lui-même influence les idées que l’on exprime et que les gens de droite expriment souvent avec un certain machiavélisme : on ne dit pas tout. On travesti. On oppose les uns aux autres pour mieux vous gagner à la cause, puis le bon temps arrive enfin : l’exploitation.
La droite, c’est ça aussi. C’est le corollaire du « t’as qu’à vouloir et faire pour avoir » : l’exploitation.
Qu’est-ce que la libre-entreprise ? exploiter une idée, puis des ressources, humaines, matérielles, et c’est dans cette exploitation que tout se forme : abus de toutes sortes, mise à sac de la planète, risques écologiques, surexploitation des hommes, de la nature, enrichissement abusif conduisant à l’expropriation de biens communs au profit de quelques-uns… C’est l’histoire de l’achat de la Lune. Celui qui trouvera le fondement juridique pour se l’approprier aura gagné, si elle est un jour exploitable. Mais de toute façon, il pourra certainement se voir attribuer des royalties si on la photographie…
Un homme de gauche trouvera cela scandaleux, un homme de droite trouvera cela malin et regrettera de ne pas en avoir eu l’idée.
Je ne voterais jamais pour un homme politique de droite, y compris si parmi les réformes qu’il prétend mener à bien, certaines me semblent nécessaires. Parce qu’un homme politique de droite ira toujours plus loin. Ce qu’il annonce, c’est le début, et c’est avec ça qu’il vous appâte. La suite, c’est lorsque vous lui aurez donné le pouvoir et qu’il en aura usé avec intelligence pour saper les possibilités de vous y opposer efficacement, qu’il la mettra en œuvre. Et cette suite-là, elle ne poursuit qu’un raisonnement : fonder un état de droit à l’enrichissement personnel, en biens matériels, avec le moins d’entraves et de contraintes possibles sachant, et c’est le plus grave, que cet enrichissement ne doit pas connaître de limites établies et que certainement, il n’y en aura pas pour tout le monde…
Pour résumer avec un « sourire » : l’homme de droite est un goinfre pour qui ne compte ni les autres ni la planète, mais son seul appétit. On ne sort pas de là, et vingt ans de vie d’adulte n’ont fait que confirmer mes premières impressions. Et je vous parle d’un temps que TOUT LE MONDE peut connaître… parce que l’homme de droite n’a pas changé et n’est pas prêt de changer.
Donc, avancez sans masque ou en connaissances de cause, lorsque vous avancez en vous exprimant au nom de la Droite. Ou changez de position et rejoignez la Gauche.
(Quant au Centre, il n'a évidemment pas d'existence possible dès lors que l'on reconnaît les caractères principaux des uns (de droite) et des autres (de gauche).)